EDITO

Parce que Marseille est vivante

Par Aldo BIANCHI, président de «  Marseille et moi »

 

Nous aimons Marseille et nous militons pour la Métropole.

C’est notre socle, notre ADN.

Il y a 3 ans nous donnions à « Marseille et moi » un nouveau visage et surtout d’autres objectifs.

Il ne sagissait pas de renier une origine (1) , une histoire certes partisane mais nécessaire à un moment donné de la vie de notre ville. Il nous fallait écrire une nouvelle page et rassembler celles et ceux qui croient à l ‘action citoyenne .

Notre champ d’action et de réflexion reste la Politique, donc la vie de la Cité.

Nous aimons Marseille et nous militons aussi pour la Métropole. A étudier les uns après les autres tous les domaines liés à la vie des Marseillais et des métropolitains, nous ne pouvons que regretter la faiblesse de la gouvernance marseillaise autant que le manque de vision de beaucoup de ses dirigeants.

Un vent nouveau a cependant soufflé au printemps, écartant des caciques qui nous représentaient au national, sans pour autant ébranler les instances locales. Le coup est passé près, mais elles restent solidement accrochées, assises sur leurs certitudes immobiles, à leurs rentes de situation.

Notre ville, dont le leadership est contesté par une large majorité des communes voisines, souffre de la comparaison avec les grandes villes européennes. Elle est très inégalitaire avec des zones de pauvreté intolérables. Elle est polluée à l’extrême par la thrombose automobile et désormais le scandale sanitaire des émissions des navires de croisière.  Elle est montrée du doigt, avec le sort qu’elle réserve aux écoles publiques dont elle a la charge. Marseille, derrière la vitrine trompeuse du front de mer, camoufle ses ruines et sa déshérence.

Nous pensons à « Marseille et moi », qu’il est urgent d’entamer une vraie transition environnementale ; par une production d’énergie propre et écologique, avec des moyens de transport en commun hyper développés et non polluants, à travers le développement de pistes cyclables, grâce à un traitement des déchets efficace, en encourageant aussi l’agriculture citadine.

Paradoxalement, Marseille, qui compte parmi ses universitaires des chercheurs de renommée internationale, ne s’est pas engagée dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens. Comme Marseille, riche de ses « migrances », ne s’est pas illustrée dans l’accueil des réfugiés en perdition en Méditerranée, et tout particulièrement ces mineurs livrés sans défense à tous les prédateurs. Marseille enfin, comme en atteste la polémique sur le site de la Corderie, n’a pas manifesté, à travers ses édiles, grand intérêt, pour cette antiquité qui l’a fondée.

En réaction à cette vacance prolongée des pouvoirs locaux, « Marseille et moi » veut faire claquer au vent ce slogan qui fait lever les foules au vélodrome : « fier d’être Marseillais ».

Les visiteurs étrangers nous disent que la ville change. Tant mieux, mais nous voulons aller plus loin que le recto d’une carte postale. Des événements comme « Marseille capitale la Culture » ont soulevé une belle espérance, vérifié surtout qu’il y avait une attente populaire d’évènements culturels et aucune suite n’y fut donnée. Il faut aller plus loin que l’image et la communication qui la porte. Eviter des contresens, comme « Marseille capitale du sport » où les budgets se sont noyés en communication, quand piscines et gymnases n’arrivent pas à surnager.

Depuis trois ans, à travers 17 auditions-débats (2), des experts, des citoyens passionnés,des associations engagées,  de belles convictions, viennent débattre avec nous et martèlent qu’une autre politique est possible, qu’une autre gouvernance est souhaitable, que demain n’est pas condamné à déchanter.

Il y va, disent-ils avec nous, d’un environnement reconquis, de procédures démocratiques restaurées, d’un humanisme actif, d’une efficacité partagée parce que comprise.

« Marseille et moi » c’est aussi Marseille et nous. Qui voulons que Marseille soit vivante de ses richesses, de ses différences, de ses singularités. Notre vocation est d’en débattre et de le partager avec cet outil d’information que nous inaugurons aujourd’hui. Une agora virtuelle que vous nourrirez de vos réflexions, pour agir concrètement.

1 : « Marseille et moi » est née en 2013 de la volonté d’une candidate aux primaires pour les élections municipales, Marie-Arlette Carlotti , de demander à la société civile de bâtir un programme électoral pour Marseille.

2 : Tous les comptes rendus seront archivés sur notre site