Prochaine Audition-Débat sur l’Egalité mercredi 26 septembre 2018 à 18h30 à l’AAJT

L’association « Marseille et Moi » a le plaisir de vous inviter à la conférence-débat :

« Dans un monde de plus en plus inégalitaire pourquoi faut-il défendre l’Égalité ? »

Pour la reprise de nos débats, nous avons invité un collectif de philosophes* très engagés dans la cité.

Marseille est une ville où les inégalités, notamment socio-économiques, sont à la fois très importantes et très visibles. La réflexion sur la nature et sur la valeur de l’égalité, nécessaire d’un point de vue général, y prend dès lors un tour particulièrement sensible.

Nous débattrons avec 3 membres du collectif, professeurs de philosophie :   Luisa Marques dos Santos,  Monique Pillant , Marc Rosmini et un grand témoin : Celia Djaffri, lycéenne.

Nous vous attendons nombreux à l’AAJT , 3 rue Palestro – 13003 Marseille (Métro St Charles – à 50 m de la gare routière et du lycée Victor Hugo)

Entrée libre – Un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

                                          Aldo Bianchi, Michel Tagawa.

*  Le collectif « Les Philosophes Publics », constitué par une vingtaine d’enseignants de philosophie soucieux de vivifier le débat public, est préoccupé par la réflexion sur l’égalité, au moins pour deux raisons.

La première tient à la nature de la philosophie, qui s’interroge non pas seulement sur la mise en pratique des normes et des valeurs, mais sur leur fondement. Pourquoi l’égalité serait-elle une valeur ? Au nom de quoi faudrait-il la promouvoir ? Ces questions ne peuvent être éludées, surtout si l’on souhaite que cette notion redevienne centrale dans les discours politiques et médiatiques, dont elle est malheureusement trop souvent absente.

La seconde concerne les actions de notre collectif, qui se caractérisent par le désir de philosopher avec tous ceux qui y sont disposés, quels que soient leur niveau de diplôme, leur position sociale, leur âge, leurs croyances, etc. Par nos diverses interventions dans la cité, nous tentons d’incarner une éthique de la discussion qui présuppose l’égalité de tous dans la capacité à proposer des idées et des arguments, sans pour autant renoncer à une exigence intellectuelle incompatible avec un relativisme radical.

Ainsi, l’égalité nous semble être en même temps un objet de la discussion citoyenne, et l’une de ses conditions de possibilité. C’est ce double aspect que nous souhaitons mettre en débat.

 

Prochaine Audition-Débat mercredi 13 juin à 18h30 à La Boate : Marseille est-elle encore gouvernée ?

L’association « Marseille et Moi » a le plaisir de vous inviter à la dernière conférence-débat avant la pause estivale :

« Marseille est-elle encore gouvernée ? »

15 ans après leur incontournable « Gouverner Marseille »(éditions La découverte), Michel Peraldi et Michel Samson viennent nous visiter pour « refaire le match » et tenter d’actualiser leurs analyses et leurs visions de notre ville.

Le « système Defferre » est à bout de souffle, perpétué par ses successeurs Robert Vigouroux et Jean-claude Gaudin. Passera-t-il la main à l’aube de la nouvelle Métropole ?

Les recettes clientélistes et la capacité de tenir des réseaux céderont-ils  face à une société civile de plus en plus méfiante voire hostile aux acteurs politiques ?

Nos deux amis, anthropologue et journaliste, nous dresseront un tableau du monde politique et des « acteurs de la ville » actuels pour y déceler la future nouvelle gouvernance…c’est du moins ce que chacun de nous espère.

Entrée libre

Nous vous attendons nombreux à 18h30 à la Boate , 35 rue de la Paix Marcel Paul, 13001 Marseille (escaliers à l’angle du Cours d’Estienne d’Orves et de la rue Sainte). 

Un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

                                                    Aldo Bianchi – Michel Tagawa

Prochaine Audition-Débat sur l’école le 23 mai

INVITATION AU DEBAT

mercredi 23 mai 2018
18h30 à La Boate 

L’association « Marseille et Moi » a le plaisir de vous inviter à une conférence-débat sur l’école.

18 mois après un débat sur l’école qui posait la question du respect des valeurs républicaines, nous revenons sur le sujet avec un nouvel angle d’étude.

  1. La municipalité envisage de confier au « privé »la construction et la gestion de nos écoles primaires et maternelles, ce désengagement de sa responsabilité est il acceptable?
  2. Les inégalités sont au cœur du système scolaire français; les réformes se succèdent mais l’origine sociale semble plus que jamais déterminante pour l’avenir des enfants.
    Comment construire un paradigme éducatif qui relève le défi de l’égalité à l’école?
    Pour traiter de ces deux thèmes, « les murs et dans les murs », nous avons invité deux personnalités engagées : Gérard Perrier, professeur émérite, et Alain  Beitone, professeur de sciences économiques et sociales.

Entrée libre

Nous vous attendons nombreux à la Boate, 35 rue de la Paix Marcel Paul, 13001 Marseille (escaliers à l’angle du Cours d’Estienne d’Orves et de la rue Sainte).

Un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

                                                    Aldo Bianchi – Michel Tagawa

Appel : Osons la Métropole !

« Les métropolitains que nous sommes ont une ambition : un territoire à hauteur des enjeux d’aujourd’hui et de demain.
Cette urgence politique est soulignée par une société civile à l’origine de ce projet de métropolisation mais aussi
par la nécessité de mettre un terme au comportement des élus locaux plus soucieux des intérêts particuliers que de l’intérêt général.
La Métropole Aix-Marseille Provence , élue indépendamment au suffrage universel direct , fusionnant avec le département, sera le nouvel
espace démocratique autorisant la participation active des citoyens et innovant une nouvelle gouvernance politique.
Il nous a donc paru utile de lancer ce premier appel pour sensibiliser nos concitoyens et les inciter à intervenir pour exprimer leur volonté dans la perspective des futures décisions  de l’État. »  Aldo Bianchi, président de « Marseille et moi »

Aix-Marseille-Provence est née en 2016. Mais existe-t-elle encore pleinement ? Avec presque deux millions d’habitants, un territoire de plus de 3 000 km2, deux grandes villes et 90 communes, la métropole peut-être la cité du futur. Plus qu’un engagement politique, une dimension économique, une réalité culturelle, il faut ici et maintenant une prise de conscience citoyenne, car aujourd’hui c’est déjà demain ! Pour les signataires de cet appel cinq exigences s’imposent.

         1 La métropole reste à construire. Elle doit en finir avec les baronnies et les rivalités stériles , proscrire le clientélisme, écarter les spéculations électorales.

Avec vous, c’est une Cité à inventer sur un territoire riche de ses potentialités, ses talents, ses différences. L’addition de ses atouts ne doit léser personne. L’intérêt collectif est le moteur de cette entreprise.

2 La métropole a une échelle pertinente pour rivaliser à l’international et    affronter les défis de la mondialisation. Il faut inscrire son développement dans un avenir commun et  proposer à toutes les générations les conditions pour vivre et prospérer ensemble . Il est urgent de mettre en œuvre le schéma des transports et déplacements pour préparer l’avenir, d’organiser la solidarité entre les territoires et d’articuler la Métropole avec la Région.

3  Métropolitains, nous le sommes déjà : nous utilisons tous les jours les ressources de ce territoire , pour étudier, travailler, nous soigner, nous cultiver et nous divertir. Pour trouver un nouveau souffle, la démocratie locale doit devenir une démocratie d’usage. Les usagers de la métropole doivent en devenir les citoyens .                                                                                                              La fusion nécessaire de la métropole et du département, supprimant un échelon administratif et apportant de la richesse, doit permettre d’additionner les compétences, les savoir-faire, les prospectives. Cette dynamique ne peut s’envisager sans prendre en compte trois éléments : la proximité, la solidarité, la mobilité : cela fera l‘objet d’une charte pour la gouvernance.

4 La métropole doit à sa jeunesse des horizons prometteurs. Les jeunes générations doivent être associées au développement et à la gouvernance d’un territoire à ré-inventer ; ils permettront une meilleure prise en compte de la révolution numérique, en reliant  les « in  » et les « out » de ce changement planétaire, qui se traduit en fait entre les habitants des  métropoles et ceux des autres territoires. Il faut associer la jeunesse  pour assurer la mobilité indispensable qui favorise la transversalité, l’accès partout et pour tous à la culture, l’offre de formation la plus large possible , l’ouverture à l’international et surtout pour mettre fin aux ghettos urbains périphériques délaissés par les grandes villes.

5 La métropole exige un mode de scrutin sincère et direct, de liste.

Il exclura les combinaisons et les tripatouillages d’appareils. Ceux qui auront demain à la gérer doivent être élus sur un programme clair, des objectifs et un calendrier précis, une perspective à atteindre : un territoire partagé.

Premiers Signataires

Aldo BIANCHI , Président de « Marseille et moi »,  Michel TAGAWA,  Secrétaire général, Jacques BOULESTEIX, Astrophysicien, André DONZEL, Universitaire, Philippe LANGEVIN, Economiste, Jean VIARD , Sociologue , Professeur Jean-Louis SAN MARCO,    Christine BARTOLOMEI , Magistrate Honoraire , Laurent MUCCHIELLI , sociologue , Samia CHABANI , déléguée générale- Ancrages , Jean KEHAYAN, Ecrivain, Michèle RUBIROLA, Médecin, Hervé NEDELEC, Journaliste, Céline FERRERO , Gérard PERRIER , Thérèse TALHA, Traductrice, Laurent FALZOI, Entrepreneur, Valentine DESPLATS, Architecte, François BALLESTRACCI, Hélène PICON-BERNARD, Médecin, Alain BEITONE, Sociologue, Anne-Marie BERNARD ,Jean-Philippe BEAU , urbaniste , Caroline DANIEL, Enseignante, François MAURICE, Professeur, Alain BRUNELLO,  Ingénieur, Stéphane RIBEIRO DE ABREU, Architecte-Urbaniste , Jacques DURAND, Chercheur,  Jean BONELLI,  Alain GILLET, Professeur, Jean-Pierre LIEUTAUD, Martine BIGOT, Ingénieure, Pierre HUGUET, Enseignant, Alain FOUREST, Ewa KAZINSKI, Cadre de la Fonction Publique, Gilbert ORSONI, Universitaire, Philippe TAGAWA, Médecin, Nisou COSTA, Artiste peintre,  Luc GUIOL , Michèle BARESTE , Monique SALAPIAN, Educatrice spécialisée,Pierre LECOUBET ,  Jeanine AUDOIN, Professeur, Arnaud BIZALION, Editeur, Jean-Marc DANDREU, Chiraze MZATI, Attachée de service clientèle, Cyril TRIGNAC, Patricia OURADOU, Psychanalyste, Elio TISI, Employé consulaire, Mireille THEVENY, Professeur, Gérard PICON, Médecin, Emmanuelle VINET-TAGAWA, Administratrice de théâtre, Larbi TALHA, Economiste, Robert SALAPIAN, Jeanine LEJEAN, Professeur, Nina KEHAYAN,  Ecrivaine,  Louis BARTOLOMEI, Magistrat Honoraire , Jean-Pierre ETIENNE, Nathalie VOUTIER, Ingénieure, Francis AUDOIN, Professeur, Marie-Amal BIZALION, Journaliste, Jacques HUSER,  Nicole THUET, Cadre, Guy CALLY.

Laurent Mucchielli refait le film de la vidéo-surveillance

Directeur de recherche au CNRS, Laurent Mucchielli, qui enseigne la sociologie de la délinquance à l’université d’Aix-Marseille, est venu bousculer une idée reçue – ou manipulée – qui fait de la vidéo-surveillance le nec plus ultra de la lutte contre la délinquance. Les membres de « Marseille et moi » étaient, ce mercredi 14 mars, d’autant plus attentifs à ses propos, que nombre d’entre eux vivent dans des quartiers où les actuels dirigeants marseillais ont installé ces yeux électroniques. Ils sont censés remplacer l’injonction du crieur public disparu, demandant naguère, en mouchant quelques réverbères, « aux braves gens » de « dormir tranquille ».

Le chercheur a mené pour étayer son impeccable démonstration une longue enquête à Marseille, dans d’autres villes ou villages. Il a comparé, bien évidemment, pour dénoncer ces « écrans de fumée », l’investissement souvent très lourd consenti par les collectivités et les effets supposés dans la lutte contre les crimes et délits.

On s’amusera, comme il l’a fait ce soir-là à La Boate, de ces villages quasi dépeuplés – il cite Baudinard-sur-Verdon – où les édiles ont osé installer, sans craindre le ridicule, une floppée de caméras pour une poignée d’habitants : à Baudinard 13 pour 156 habitants. On imagine aisément l’ambiance de suspicion qui règne dans les chaumières.

A une autre échelle, Laurent Mucchielli porte sa plume dans la plaie, avec Mega City une ville qui ressemble, avec ses 860 000 habitants, à s’y méprendre, à Marseille. Au passage, il balaie d’un revers de chiffre, la mauvaise réputation de la ville portuaire. Elle s’appuie sur des données de la délinquance quantitativement élevées, mais absolument pas exceptionnelles, comme souhaiteraient en attester certains tenants du tout sécuritaire. En 2016, ce ne sont pas moins de 816 caméras qui sont implantées dans la ville qui, le précise l’universitaire, s’est résolue, avec retard, à mettre en place ce système de surveillance. Il cite du coup Nice, pionnier dans le domaine, et l’imprudence de son maire Christian Estrosi qui, après les attentats de 2015 à Paris, avait osé affirmer que « sa vidéo-surveillance » aurait évité le pire. Hélas, le 14 juillet 2016 devait lui apporter un démenti cinglant. Pour Mega City, les chiffres de l’enquête du chercheur son criants de vérité. Au mieux ce sont 1,5% des 55 000 infractions constatées par la police qui ont été élucidés. En revanche les chiffres font un bond, lorsqu’on utilise « big brother » comme outil de répression des automobilistes et deux roues.

Mucchielli parachève sa brillante et difficilement discutable démonstration, en abordant la question des investissements nécessaires pour tisser, au-dessus des 111 villages de Mega City, la toile des 1000 caméras prévues dans un plan initial. Ce seul investissement en matériel représente 16 millions d’Euros. Certes l’Etat et le conseil départemental ont apporté leur contribution pour plus de 50%, mais la ville, pour faire fonctionner cette machine à surveiller, doit aussi immobiliser du personnel. Ce poste d’observation est du coup budgétivore puisque la ville lui affecte 7 millions d’Euros l’an. Mucchielli se permet d’avancer que ces policiers municipaux, rivés aux écrans, seraient sans doute plus utiles en patrouille dans la rue.

On l’aura compris et, c’est la thèse développée par notre enquêteur, la vidéo-surveillance est – c’est le cas de le dire – très télégénique en terme de communication. Il est difficile de démontrer qu’elle participe efficacement à la lutte contre la délinquance quotidienne. Elle est sans doute plus utile à ses concepteurs et les entreprises qui la diffusent dont les profits son exponentiels. Le mérite du travail et du livre (« Vous êtes filmés » chez Armand Colin) de Laurent Mucchielli est d’apporter des éléments objectifs, pour contrer les « y a qu’à » du discours sécuritaire. On le sait depuis longtemps le sentiment d’insécurité est plus puissant que la réalité de l’insécurité. C’est à partir de ce constat qu’ont prospéré les marchands d’illusion.

En préambule de cette conférence, le président de « Marseille et Moi », Aldo Bianchi, a rappelé la nécessité pour l’association de peser dans le débat actuel sur la métropole. Pour ce faire, un appel a été conçu et nous comptons sur le soutien et les signatures du plus grand nombre.

 

Démocratisation scolaire consacrée à l’école – Les défis de l’égalité

La Fondation Gabriel Peri vient de publier une brochure du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire consacrée à l’école.
Elle est sous-titrée « Les défis de l’égalité » ce qui caractérise bien son contenu.
Elle peut être commandée auprès de la fondation Gabriel Peri pour la modique somme de 5 euros.
Alain BEITONE

« Les petits oubliés de Marseille », Audition-Débat du 21 février 2018

Les Roms à Marseille: des expulsions en forme d’explosions.

             Nous recevons ce mercredi plusieurs invités autour de la projection du documentaire tourné par France 3 « Les petits oubliés de Marseille » : l’un des réalisateurs du reportage, Jean-Manuel Bertrand, Jane Bouvier, animatrice de l’association  L’école au présent  et Caroline Godard pour l’association Rencontres tziganes.

             Aldo Bianchi présente d’abord la contradiction qui caractérise notre actualité : à l’heure de la mondialisation, les replis et les crispations identitaires se manifestent avec force. Marseille en est l’illustration : c’est une ville, nous dit Albert Londres, qui « engage la conversation avec la Terre entière », mais c’est aussi une ville dans laquelle les squatts des Roms sont incendiés par quelques uns de leurs voisins dans l’indifférence générale. 800 à 1000 Roms vivent aujourd’hui à Marseille dans des squatts et vont d’expulsion en expulsion. C’est cette réalité que le reportage présente, à rebours des rumeurs et des préjugés qui transforment les Roms en boucs émissaires. C’est aussi la solidarité des militants et des bénévoles qui apparaît et  qui va se manifester par de très nombreux témoignages  de militants associatifs présents dans la salle.

Je retiens du film, que je vous invite à voir sur internet, ce lapsus d’un jeune Rom : parlant des expulsions qui rythment sa vie et brisent sa scolarité, un jeune Rom dit d’abord « explosion » avant de se reprendre. Mais c’est cela même que montre le film. Jean-Manuel Bertrand, journaliste du service public, explique les conditions du tournage, après l’expulsion d’un squatt et la rencontre avec Jane Bouvier et Caroline Godard. La difficulté de faire entrer une caméra, le temps réduit du tournage, 5 jours. Il prononce les termes de « scandale humanitaire d’urgence ». Il déplore en particulier l’absence de réaction de la France après la publication du rapport de l’ONU à Genève la condamnant pour discrimination à l’égard des Roms.

Jane Bouvier présente ensuite son action au sein de l’association L’école au présent qu’elle a fondée. Elle a commencé son action en 2012 après l’épisode de l’incendie du squatt. Son objectif est  d’assurer la scolarisation des enfants. Elle a commencé par accompagner les familles dans la procédure d’inscription. Il faut d’abord rassurer des parents anxieux, qui sont étrangers au monde scolaire, ayant de plus souvent vécu des expériences  négatives en Roumanie. Il faut rassembler toutes les conditions administratives de l’inscription, jusqu’à l’obtention de la gratuité de la cantine. Les services de la scolarité se montrent compréhensifs. Mais il faut ensuite suivre la scolarité, l’assiduité, établir un lien entre l’établissement et les familles. Le principal obstacle à cette action est formé par les expulsions qui conduisent à un changement d’école, précédé par une longue période de déscolarisation. Il faut alors recommencer toutes les démarches. Et pour l’enfant s’habituer à une nouvelle école, avant la prochaine expulsion. Une vie explosée régulièrement : on comprend bien le lapsus.

Jane ajoute que son association travaille aussi pour aider les parents dans leur recherche d’emploi. Elle soulève une incongruité : le fait que les enfants roms, au motif qu’ils sont présents dans le territoire français depuis plus d’un an, ne bénéficient pas du système prévu dans les écoles pour les allophones arrivants (Unités Pédagogiques pour les Elèves Allophones Arrivants).

Car il faut souligner, avec Caroline Godard, que cette population rom n’est pas formée de vagues successives incessantes. C’est une population stable, autour de 1000 personnes en squatt à Marseille, qui va d’expulsion en expulsion. L’association Rencontres tziganes travaille en particulier à la stabilisation des familles dans certains squatts dès lors que les conditions permettent la pérennisation de leur installation, immeubles publics, absence de problèmes de sécurité et de voisinage. Elle promeut la pratique du parrainage pour suivre  les familles.

De très nombreux témoignages, de militants, de bénévoles, d’enseignants engagés dans les UPE2A ou bien en Français langue étrangère (FLE) sont venus d’une salle particulièrement concernée et impliquée. Une discussion s’est engagée autour de l’inaction de la Mairie, comparée à l’engagement des services de la scolarité.

Une conversation qu’il nous faut poursuivre, avec un petit morceau de « la Terre entière ».

                                                                                                              François Maurice.

Prochaine Audition-Débat mercredi 14 mars 2018 « Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance »

INVITATION AU DEBAT mercredi 14 mars 2018 à 18h30 à La Boate A l’occasion de la sortie du livre Laurent Mucchielli, l’association « Marseille et Moi » a le plaisir de vous inviter à l’audition-débat :   

                                           « Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance (Ed. Armand Colin-2018)

La  vidéosurveillance  a  connu  un  succès  fulgurant  en  France  à  partir  des  élections  présidentielles  de  2007,  sous  l’impulsion  de Nicolas  Sarkozy  et  François  Fillon.  Cette  technologie  a  été  présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme.
L’objectif de la mairie de Marseille est l’installation de 1500 caméras en 2018; avec l’annonce de baisse spectaculaire des vols avec violence .
Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité,  relève-t-elle  du mythe ou de la réalité ? À quoi sert vraiment la vidéosurveillance ?

Avec Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS (Laboratoire méditerranéen de Sociologie); enseigne la sociologie de la délinquance à l’université d’Aix-Marseille. Il figure parmi les meilleurs spécialistes des questions de sécurité et de prévention en France.

Entrée libre

Nous vous attendons nombreux à la Boate, 35 rue de la Paix Marcel Paul, 13001 Marseille (escaliers à l’angle du Cours d’Estienne d’Orves et de la rue Sainte).

Un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

Aldo Bianchi – Michel Tagawa

Armenia City in the Sky

Armenia city in the Sky est un récit-mémoire, celui d’une immersion dans l’Arménie nouvellement indépendante après soixante ans de communisme , durant une rude période terrible de son histoire, en conclusion d’un siècle qui ne l’a jamais épargnée. Récit et regards sur différents aspects de notre reportage dans le Haut Karabakh qui est en train de se faire avec mes deux amis journalistes, et moi qui ne l’était pas.

Mémoire des miens, de mes arrières grands-parents d’Anatolie disparus dans les affres du génocide ; Mémoire de mon grand-père Stépan, de son évasion des marches de la mort dans les gorges de l’Euphrate, puis de son exil à Marseille où il épouse Anouch, ma grand-mère, pour construire ensemble une famille, à l’ombre des grands fourneaux de Péchiney à Gardanne. Stépan que l’on retrouve quelques années plus tard au sein de la résistance Française FTP MOI.

La mémoire des Arméniens français du MNA, avec le choc de l’attentat d’Orly ; mémoire historique et politique d’une génération d’Arméniens sous l’influence de l’ASALA dans les années quatre-vingts, contre le régime turc négationniste ; souvenirs de notre rencontre avec Monté Melkonian l’ex n° 2 de cette organisation, qui trouvera la mort au cours d’une opération, enterré à Erevan avec les honneurs de la république (plus de cent mille personne derrière son catafalque, son corps exposé sur l’affut d’un canon, une distinction réservée aux grands héros de la guerre); avec nous Mardiros Jamgotchian, ancien combattant de l’ASALA lui aussi, auteur d’un attentat en Suisse pour lequel il sera jugé et emprisonné ; les témoignages des gens dans le villes et le campagnes, ceux qui supportent la guerre, durant ces mois d’automne 1992.

Armenia city in the sky ( c’est un titre des Who, pour les connaisseurs)  est aussi un évocation plus personnelle, née de mon imagination, des rêves qui ont peuplé mon enfance chez mes grands-parents, tout au long de ma vie.

ROBERT SALAPIAN

 

Plaidoyers pour la Métropole

L’audition-débat consacrée à la Métropole, le mercredi 24 janvier 2018, a été très bien reçue par l’auditoire présent grâce à la qualité des intervenants qui ont su clarifier la situation actuelle et apporter des réponses aux nombreuses interrogations.

Dans le compte-rendu  ci-dessous vous lirez qu’ils ont pointé les faiblesses et les résistances qui s’opposent au bon fonctionnement de cette institution et fait des propositions pour un décollage et surtout une réelle efficacité.
Nous nous appuierons sur leurs analyses d’experts pour lancer un appel dans les prochains jours à la classe politique métropolitaine  afin qu’elle n’attende pas une réforme institutionnelle ( déclaration récente d’Emmanuel Macron) pour mettre en place un usage prioritaire de ce nouveau territoire.
Compte-rendu :

Quatre invités pour donner un nouvel élan à notre action en faveur de la Métropole, Jacques Boulesteix, André Donzel, Philippe Langevin et Jean Viard.

Aldo Bianchi  évoque un blocage alors même que la Métropole a été instituée en janvier 2016 et que la dynamique mondiale de métropolisation se poursuit. Pourquoi ? Comment remédier à ces difficultés ? Quel rôle pour la société civile ? Comment pouvons-nous agir ?

Philippe Langevin établit le diagnostic : le sens du projet métropolitain a été oublié. La solidarité ne s’est pas substituée à la concurrence entre les territoires. Le projet commun  a fait place à une juxtaposition de politiques intercommunales, fondée sur un budget redistribué en bonne partie aux conseils de territoire. De ce fait, des dossiers essentiels, comme l’environnement sont laissés de côté. Les deux grands dossiers abordés, mobilité et développement économique, sont bloqués faute d’un budget suffisant. Les infrastructures ferroviaires sont renvoyées à plus tard et au financement par l’Etat. En l’absence d’un budget de mutualisation et de partage, le schéma de développement à l’ancienne est reconduit alors que les territoires riches ne tirent plus vers le haut les territoires pauvres, que la création de valeur n’entraîne plus mécaniquement le développement de l’emploi et la baisse du chômage. Pour Philippe Langevin, la « Métropole des Maires »  conduit à une société de l’indifférence.

Jacques Boulesteix rappelle que l’enlisement actuel du projet métropolitain était prévisible et attendu depuis 2014 : la réduction du débat  au seul plan institutionnel  a formé un obstacle majeur au règlement des deux points essentiels en discussion, l’un concernant la démocratie locale, l’autre de dimension  globale, concernant la nature du processus de la métropolisation. Sur ces deux point, l’analyse doit être approfondie et conduire à des propositions d’appropriation citoyenne.

Il faut d’abord inscrire la dynamique économique de la métropolisation, la concentration des richesses dans les métropoles dans le cadre de l’économie mondialisée de marché. Cette dynamique crée richesses et emplois, qualifiés et non qualifiés, mais elle ne « fait pas société ». Elle marginalise les emplois intermédiaires qui animaient la vie urbaine. Les ouvriers sont mis à l’écart, les politiques de la ville échouent. C’est pourquoi la métropole doit d’abord « faire société ». Et pour ce faire, une Charte doit se substituer à l’actuel pacte de gouvernance pour remettre l’institution au service de l’intérêt métropolitain ; la société civile, les conseils de développement, la démocratie participative ont à définir les objectifs économiques, sociaux, environnementaux de la métropole.

Au plan local, la proposition de Jacques Boulesteix consiste à réorganiser l’espace démocratique institutionnel : réviser la démocratie de proximité, taille des communes, périmètre des intercommunalités, mise en place d’une participation active des citoyens (information, débat, co-construction, évaluation), institution d’une démocratie d’usage à côté de la démocratie de voisinage. Tandis que la démocratie de voisinage (dans une rue, un quartier, une commune) conduit à une cohabitation, une juxtaposition des intérêts particuliers, la démocratie d’usage , assise sur les multiples usages que le citoyen fait de la métropole quand il se rend à son travail, quand il a recours à ses services (hospitaliers, de transport…), quand il va au théâtre ou au stade,  inscrit le projet personnel dans un projet collectif à co-construire.

André Donzel souligne la dimension internationale, mondialisée, de la dynamique économique métropolitaine. Les emplois sont créés dans le seul secteur internationalisé. Cette dynamique produit des effets de polarisation économique,  de fragmentation sociale et d’inégalité territoriale. On peut observer par exemple une fracturation entre le sud-ouest de l’aire métropolitaine en phase de dépeuplement et le nord-est en pleine croissance.  L’institution de la métropole est nécessaire pour opérer une régulation de ces processus. En participant au Conseil de développement de la Métropole, André Donzel a pu remarquer qu’un véritable travail de réflexion y est mené mais que sa mise en œuvre se heurte à un problème de financement, lié à l’étendue même de l’aire métropolitaine, beaucoup plus vaste que les aires métropolitaines de Londres ou Paris et conduisant à une dépendance à l’égard des financements de l’Etat.

Pour Jean Viard enfin, la métropolisation, la concentration des richesses dans quelques deux cents métropoles dans le monde, est à rapporter aux transformations profondes et extrêmement rapides qui ont bouleversé le monde : mondialisation économique, révolution numérique…  Internet n’a pas assuré, comme on le prévoyait, un lien égal de tous à tous  mais a privilégié les métropoles au croisement du lien numérique, des pôles de transport (port, TGV…) et de la marche à pied. Cette révolution a fait exploser le monde ancien  en  distinguant les « in » et les « out », les métropoles et les autres territoires. Carte qui se superpose à celle ses votes Trump ou FN.  A l’intérieur même de l’espace métropolitain, un nouveau tissu urbain s’est mis en place : Marseille doit reconnaître qu’elle n’est pas le centre de cet espace.  Il faut donc briser les périmètres territoriaux hérités pour construire une vision fédérative de l’espace nouveau, et par exemple, constituer les Quartiers Nord de Marseille en commune.  D’autre part, le cadre de la Région devient essentiel pour organiser la mise en relation de tous avec la Métropole, sous la forme par exemple du financement  des déplacements vers la Métropole.

De très nombreuses interventions de la salle ont montré tout l’intérêt que les auditeurs avaient porté à une question dont chacun a compris que, au-delà de son caractère technique, elle portait une dimension politique essentielle. Il nous reste à nous mobiliser pour transformer cette Métropole, en demandant publiquement, c’est peut-être un premier pas décisif, la mise en place, en 2020, d’une élection métropolitaine spécifique, au suffrage universel direct, dans une circonscription électorale unique.  Il est en effet urgent de faire émerger un espace public métropolitain.

 

                                                                                                                François Maurice.