Á Marseille, le choix entre taudis/godillots et châteaux/souliers vernis.

C’est avec l’assurance du travail bien fait que les services de l’enfance ont délivré l’autorisation d’ouvrir une mini-crèche au 64 rue d’Aubagne. Les bébés et leurs parents étaient accueillis le samedi 3 novembre dans ses tout nouveaux locaux pour une matinée portes ouvertes. Cette crèche Montessori, située en face du numéro 63, avait programmé son accueil « courant  novembre ». Pas l’ombre d’un doute pour les services du département, ignorant les alertes qui agitaient la rue d’Aubagne et ses habitants, dont huit ont perdu la vie.

Les immeubles voisins ont été évacués et la crèche est restée porte close.  La faute à la poussière de l’habitat dégradé passée sous le tapis de l’inconscient des pouvoirs publics. De leur aveuglement, déni, volonté d’effacement des difficultés de Marseille et de leur seul credo : faire sortir de terre de nouvelles habitations. Au diable la misère pourvu qu’on ait l’ivresse du neuf.

Ambition centre-ville, suite

Sans rougir de l’oxymorique « Ambition Centre-ville », département, métropole et ville de Marseille poursuivent le projet de « transformation » du centre-ville. Á peine deux mois après le drame de la rue d’Aubagne, le volet Requalification des espaces publics du centre-ville de Marseille est présenté avec satisfaction par le président du territoire Marseille*. Vous allez voir ce que vous allez voir, l’heure est venue du « partage de l’espace public en faveur des piétons, d’un vaste espace cohérent et lisible propice à la déambulation ». Car les objectifs sont de « développer la piétonisation et faciliter les modes de déplacement doux », « organiser des espaces piétons plus confortables ».

60 millions d’euros pour la requalification de quelques axes

L’ivresse du neuf refait surface. Du neuf, du visible, du coûteux. Le département met 60 millions d’euros dans la corbeille de Marseille pour la requalification de 22 hectares de surfaces piétonne.

Mais la délivrance du triste sort réservé aux piétons, bébés en poussettes et personnes à mobilité réduite dans le périmètre d’Ambition centre-ville Marseille n’est pas dans ce projet.

Oui, quelques axes brilleront, pour notre bonheur marseillais et ceux des touristes. Mais les espaces alentours du maillage des rues heureuses élues resteront en l’état, sans projet d’amélioration des trottoirs marseillais, inconfortables, souvent impraticables. Et hors règlementation, comme le collectif Piéton à Marseille alerte la mairie de Marseille, la métropole et son équipe Ambition centre-ville depuis bientôt trois ans.

Paradis des piétons : un rendez-vous raté

L’occasion était pourtant belle de porter l’ambition sur la totalité des 23 secteurs d’interventions et de penser à faible coût la mise en conformité des trottoirs. Pas pour demain la largeur minimale de 1m40 de cheminement piétonnier ; ni -pour les rues étroites- des zones de rencontre où sont prioritaires cyclistes et piétons sur des véhicules limités une vitesse de 20 km heure. Oubliés les objectifs du Plan de Déplacement Urbain 2013 de «supprimer les arrêtés marseillais autorisant la pratique du stationnement à cheval sur le trottoir».

Le spectaculaire et objet de communication ont été préférés à une restructuration pour tous les piétons. Ce qui ne brille pas est indigne de l’intérêt des élus marseillais.

Martine Bigot (Collectif Piéton à Marseille de l’association 60 millions de piétons)

*La concertation auprès des marseillais est en cours et prendra fin le 5 février 2019. Rendez-vous dans les mairies des secteurs 1/7, 2/3 ou dans les locaux de la métropole Aix-Marseille Provence au Pharo pour contribuer à la prise en compte de tous les piétons.

Une ville et un peuple

Il faut relire Albert Londres, pour comprendre d’où vient Marseille et tenter de savoir où elle va. Le grand reporter a découvert la ville en 1927 et a raconté dans un récit vif – «Marseille porte du sud» – son emballement. Il a eu dans ces pages un grand mérite : décrire la complexité, la richesse, le foisonnement, le cosmopolitisme, les contrastes, les audaces, les évidences d’une ville semblable à beaucoup d’autres en Méditerranée et néanmoins si singulière.

Pour nourrir sa plume, qu’il recommandait de porter jusque dans la plaie, il use d’abord de ses papilles car la ville est une gourmandise qu’il faut savoir débusquer puis déguster. «Me voici rue Noailles. Je vois passer une charmante promeneuse, je lui dis bonjour ! Elle était pressée. Alors, elle me renvoie Arrivederchi ! ce qui veut dire, «au revoir !» … à Rome». Le petit palais du XVIIème siècle, qui sert d’hôtel de ville, tourne le dos au Panier, ne distingue que l’embouchure de la Canebière, et ignore tout des quartiers qui, de rues en cours, s’empilent jusqu’à La Plaine. Les voix qui s’entrechoquent, s’épousent, se repoussent, se retrouvent, de marchés en échoppes, de terrasses en fenêtres, ne sont plus audibles pour celui qui règne, depuis un quart de siècle, sur la «deuxième ville de France».

Jean-Claude Gaudin n’a sans doute pas lu avec grande attention Albert Londres, comme il ne s’est pas attardé outre mesure sur l’actualité quotidienne de sa ville. A feuilleter ses mandats successifs et à décrypter sa politique locale, ses fulgurantes réussites et ses abyssales béances, il y a fort à parier que l’ancien professeur d’Histoire se retrouve plus volontiers dans la prose d’un Marseillais au moins aussi célèbre que lui, Adolphe Thiers. Celui qui fut un éphémère président de la République, tout dévoué à une caste affairiste, affirmait que «la science de gouverner est toute dans l’art de dorer la pilule». On était alors à des années lumières de ce que recommandait, pour la démocratie, Abraham Lincoln «le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple».

Parce que le système l’y a encouragé, à commencer par la loi PLM (Paris Lyon Marseille), Gaudin a spéculé sur le morcellement en secteurs de sa ville, pour accéder au pouvoir puis s’y maintenir. Dans ce poker menteur-là, les voix de son camp suffisaient, avec quelques petits arrangements sous le tapis, pour rafler la mise. Dès lors il suffisait de promettre la lune, sans être obligé de la décrocher. Ceux qui devaient prospérer se rallièrent à son étendard et, à défaut de panache, un écran de fumée immobilière, quelques aménagements urbains et une communication échevelée, serviraient d’alibi comme dans le bon vieux temps. Mais le retour d’investissement n’a finalement concerné que ceux qui avaient souscrit au denier du culte de Gaudin. Les autres, soit une grande majorité de Marseillais, ont été priés d’attendre et de souffrir en silence. En ce funeste mois de novembre 2018, avec les murs, c’est tout un misérable petit système qui s’est lézardé. La poussière des décombres de la rue d’Aubagne, a exhalé un parfum putride. Les inégalités, les injustices, les manquements, les tromperies, les scandales, les complicités, les abus, le mensonge… sont venus grossir la facture morale qu’aujourd’hui un peuple en colère présente à ses débiteurs. Il faudra plus que des regrets pour régler cette dette.

Par Hervé Nedelec

Vous avez tout, et ce tout se compose du rien des autres.

 Que dire, qu’écrire après ce 5 novembre 2018, après l’écroulement des taudis insalubres de la rue d’Aubagne emportant dans leur chute, avec  les matériaux pourris qui les portaient, des vies au nombre de 8 selon la presse et peut être davantage au cas où un anonyme, ou plusieurs,   se seraient clandestinement infiltrés,  le temps d’une nuit, choisissant un abri qui serait leur linceul ?

Car, au-delà du sentiment de sidération, d’indignation et de révolte, au-delà de la solidarité toujours plus nécessaire et inventive dans son expression,  c’est bien cette question qui ne cesse de me tarauder : « combien d’oubliés parmi les oubliés ? » … comme si le nombre officiel de victimes déjà bien trop nombreuses, ne suffisait pas à condamner l’association de malfaiteurs sédentarisés dans leur bunker de la mairie, celle qui gère depuis trop longtemps notre ville, au mépris des droits les plus élémentaires de ceux qui y vivent.

Car ce  qui fait force dans ces quartiers pauvres et délaissés, c’est bien la faculté d’adaptation, ce réflexe reptilien qui permet de résister au pire en faisant du « rien » une ressource, en tirant de ce « rien » de la solidarité et du commun…

Alors qui étaient-ils ces réfugiés de la misère, migrants, sdf ou fugueurs, tous anonymes ? Combien étaient-ils à échapper au comptage, ces noms qui ne seront jamais cités dans un prétoire et qui de fait, manqueront à l’appel de notre justice et de notre mémoire… ?

Fiction ou réalité ? Parano post-traumatique ? Qu’importe … notre  confiance citoyenne,  pour l’heure, en a pris un sacré coup !

Et comme dans chaque délire réside une part de lucidité, accrochons-nous à la nécessité d’objectiver, de nous dire que seuls les faits sont têtus.

De cette injonction faite à nous-mêmes découle une certitude : à la liste des victimes incomplète s’ajoute celle des accusés absents !

Car, à côté des branquignoles criminels qui constituent l’équipe municipale et pour que justice soit rendue à tous les morts, doivent indissociablement figurer tous ceux qui, depuis trop longtemps aux affaires de l’état ont mis en place des politiques volontairement créatrices d’inégalité, de fracture  et de misère avec pour seul alibi, la vocation illusoire de s’opposer à ce qu’ils, inévitablement,  favorisent : la montée de l’extrême droite.

Pour terminer,  pour valider l’interdépendance de la fiction et du réel, qui elle aussi est le propre de l’homme et en hommage à TOUTES les victimes de la rue d’Aubagne, je citerai Hugo et un fragment du discours de Gwynplain à la Chambre des Lords (L’Homme qui rit) :

 «  …Et apostrophant Gwynplaine avec hauteur :

  • Qui êtes-vous ? d’où sortez-vous ?

Gwynplaine répondit :

  • Du gouffre.

Et, croisant les bras, il regarda les lords.

  • Qui je suis ? Je suis la misère. Mylords, j’ai à vous parler.

II y eut un frisson, et un silence. Gwynplain continua.

  • Mylords, vous êtes en haut.

C’est bien. Il faut croire que Dieu a ses raisons pour cela. Vous avez le pouvoir, l’opulence, la joie, le soleil immobile à votre zénith, l’autorité sans borne, la jouissance sans partage, l’immense oubli des autres.

Soit. Mais il y a au-dessous de vous quelque chose. Au-dessus peut-être. Mylords, je viens vous apprendre une nouvelle. Le genre humain existe….

… Mylords, vous êtes les grands et les riches. C’est périlleux. Vous profitez de la nuit. Mais prenez garde, il y a une grande puissance, l’aurore.

L’aube ne peut être vaincue. Elle arrivera. Elle arrive. Elle a en elle le jet du jour irrésistible. Et qui empêchera cette fronde de jeter le soleil dans le ciel ? Le soleil, c’est le droit. Vous, vous êtes le privilège. Ayez peur. Le vrai maître de la maison va frapper à la porte. Quel est le père du privilège ? Le hasard. Et quel est son fils ? L’abus. Ni le hasard ni l’abus ne sont solides. Ils ont l’un et l’autre un mauvais lendemain. Je viens vous avertir. Je viens vous dénoncer votre bonheur. Il est fait du malheur d’autrui. Vous avez tout, et ce tout se compose du rien des autres. »

Jacqueline Vesperini

Rue d’Aubagne

Les drames de cette nature, et celui de la rue d’Aubagne est le plus terrible qu’ait connu Marseille depuis l’incendie des Nouvelles Galeries, sont toujours révélateurs de quelque-chose. Impéritie, incompétence, arrogance… Un peu, ou beaucoup, de tout cela sans doute. Il est inutile d’épiloguer tant on pourrait répéter à satiété, rapports à l’appui (Nicol, mai 2015), que la situation des 40 000 logements indignes était archi-connue, et l’état de dangerosité, pour la santé et la sécurité de 100 000 marseillais, depuis longtemps pointé du doigt.

Ce qui frappe en revanche, car, après tout, le pire ne devrait pas être toujours sûr, est que la « gestion de crise » a été, si l’on peut dire, à la hauteur des conditions ayant conduit aux effondrements. Impréparation, certainement. Affolement. Gêne aussi parfois (mais si peu durable lorsque l’on apprend que les marchants de sommeil sont quelques marseillais bien établis, dont quelques élus des majorités locales). Mais aussi, et peut-être surtout, continuation d’une politique de mépris des autres, de certains autres, et d’apartheid social. Evacuations brutales, condition approximative de logement, ou choix donné de déménager loin du centre, on devine dans quels arrondissements. Dans l’illégalité le plus souvent, c’est-à-dire sans que les arrêtés de péril aient été pris. Sans même l’écoute minimale à laquelle toute victime a droit.

Hoquets ultimes d’une fin de règne douloureuse, dira-t-on. Il est à craindre que ce ne soit pas si simple. Bien sûr, le diagnostic est aisé. Clientélisme municipal, cogestion avec une bureaucratie syndicale, vision purement électoraliste de la gestion, l’élection par secteurs générant une politique favorable à ceux qui votent bien ou qui font la bascule, et tant pis pour les autres. Car tandis qu’ailleurs les gros chantiers profitent toujours aux mêmes (Vinci, Véolia, Bouygues et consorts), on ne peut que constater l’état d’abandon de quartiers entiers, écoles, habitat, poubelles qui débordent, équipements défaillants, stations de métro que l’on attend toujours…Faut-il s’en contenter ? Se dire que le système est épuisé et tombera de lui-même ? C’est qu’il s’agit justement d’un système. Dans lequel on ne mesure pas à sa véritable aune la somme d’habitudes, de tolérance, de fatalisme, de lâche et confortable complicité à la forme d’immobilisme et d’autosatisfaction qu’il finit par produire. Système qui en dépit de ses défauts, ou peut-être aussi à cause de quelques-uns d’entre eux, perdure encore. Sans doute aussi parce que les alternances proposées n’ont pas été suffisamment attractives.

La question demeure donc, que faire pour en sortir ? Car, il ne faut pas s’y tromper, la majorité actuelle, qui a, par la force des choses, avant même la fin de son mandat, fait une croix sur Gaudin, essaiera, sauf rare exception, de s’exonérer de sa gestion. Et que l’on ne peut exclure, faute toujours d’alternance crédible et à raison aussi de la division des adversaires, que cela s’avère suffisant, au moins dans une majorité de secteurs. D’autant que cette majorité sortante saura se réunir sur ce qui est pour elle l’essentiel, se perpétuer. Et que l’on ne voit pas pour l’instant le projet, les groupe ou partis, et encore moins la personnalité, capables d’incarner tout cela.

Mais, si la nature a bien horreur du vide, il n’est pas exclu que celui-ci puisse être comblé. L’espace ne manque pas, à la gauche de la mouvance gaudinienne. Pour toutes les volontés qui voudraient bien s’y atteler, dépassant, les préjugés, les oukases et, si possible, les egos. Pourquoi n’y aurait-il pas une initiative partant de quelques associations citoyennes, qui, sur la base d’une première plateforme, proposeraient rencontres, débats puis construction d’un projet, avec tous ceux qui, que la structure en soit de partis ou d’associations, participeraient du même objectif. Autour de deux ou trois idées forces, sinon même une seule, mettre fin à la fracture sociale et territoriale qui fracture cette ville. Ce que l’on peut décliner ensuite sur tous les aspects d’une gestion urbaine et métropolitaine. Si le projet existe, le reste devrait venir ensuite, y compris les femmes et les hommes susceptibles de le porter. Et pourrait être la meilleure réponse à donner à la forme d’immobilisme et d’arrogance qui nous gouverne depuis trop longtemps.

Gilbert Orsoni – Doyen honoraire de la Faculté de Droit et de Science Politique d’Aix-Marseille

Rue d’Aubagne, du folklore à en pleurer

IMG_0057.jpgPour la 1èrefois en 23 ans de règne sans partage, notre bon vieux maire n’a pu inaugurer la foire aux santons craignant, peuchère, des débordements.

Pour la 1èrefois, peut-être, il s’est rendu rue d’Aubagne en ce triste soir du 5 novembre, pour dire, ce fut sa seule déclaration : « c’est à cause de la pluie ! ».

En cette soirée du 3 novembre, ce fut pour moi sortie classique au cinéma, puis direction le meilleur poisson mafé de Marseille chez « Mama Africa », 57 rue d’Aubagne, c’est un rituel : 13€, prix imbattable ; servis en 1h30, attente record ; odeurs de bouffe assurées…mais que c’est délicieux !

« Mama Africa », c’est l’Afrique et le cosmopolitisme !

Le haut de l’artère sent l’abandon. Le bas tente vainement de se transformer, tout proche de la Canebière et du Vieux-Port : touristes et marseillais en mal d’exotisme s’y pressent, l’Epicerie l’Idéal (Sammut), l’Empereur, chez Blaise ou chez Sauveur font un tabac… une belle occasion de monter les tarifs. Le futur hôtel 4* des Feuillants pointe laborieusement son nez à deux pas du marché Noailles réaménagé…

Depuis des décennies on nous parle d’un plan « Ambition centre-ville », mais à Marseille, on n’est pas pressé, tout continue à se paupériser, ce qui fait les affaires des marchands de sommeil incrédules !

Quel avenir pour ce quartier en péril, le ventre de Marseille, regroupant indigents et vendeurs à la sauvette, où malgré tout les Marseillais du sud et ceux du nord peuvent s’y côtoyer ?

Voyez-vous, en ce sinistre 5 novembre, la messe est dite : 2 immeubles s’écroulent au 63-65, la peur panique, les arrêtés d’insalubrité et de « péril grave et imminent » pullulent ; c’est Beyrouth et le grand désarroi ! 1600 personnes évacuées, immeubles dévastés, habitants perdus et démunis ; ils iront chercher ailleurs un relogement et rejoindront les 40 000 mal-logés, les « sans dents », que compte notre ville, championne de France des inégalités. Beaucoup de délogés auront passé un triste Noël dans un hôtel, faute de mieux.

Oui, plus bas, la vie continue avec son folklore et son marché coloré. En haut, c’est triste à mourir, ville morte, entre poussières, gravats et dégoût.

Est-ce cela le processus de gentrification que nos édiles municipaux tentent insidieusement de mettre en œuvre ? On laisse pourrir les bâtiments, et, hop, forcé on déménage…ou bien on meurt !

Pendant ce temps, indécence suprême, la Présidente du Département met au vote de sa noble assemblée 1 million 800 000 € pour la réfection des vestiaires du cercle des nageurs. Et pas un sou pour une solidarité qui s’imposait.

Au fait, « Mama Africa », elle est venue manifester tous les samedis de novembre, seule, éloignée de son échoppe, les yeux rougis de pleurs et de rage. Dans son silence, colère et amertume, désespoir. Son petit restaurant, son outil de travail, quand va-t-il rouvrir et quand vais-je remanger de son incomparable poisson thieboudienne ?

Michel Tagawa Secrétaire général de Marseille et moi

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Nous entamons aujourd’hui la publication sur notre site , et par retombée sur notre compte Face-Book, des nombreuses contributions reçues à la suite du drame de la rue d’Aubagne.
Ces contributions témoignent de la colère, de l’émotion, de l’incompréhension ressenties le 3 novembre 2018 par la plupart des marseillais.
Certains accusent, d’autres analysent, d’autres enfin poétisent, mais toutes et tous ont la gorge nouée à l’évocation des 8 habitant.e.s écrasé.e.s par les décombres de l’effondrement des immeubles sis aux 63 et 65 de la rue.
C’est une des plus familières rues de Marseille,  qui part de la place Notre Dame du Mont  – exactement de la place Paul-Cézanne-, franchit par un pont le cours Lieutaud et  rejoint la Canebière ou plus précisément la rue des Récolettes.
Durant le mois qui vient, nous  donnons la parole à tous celles et ceux qui ont voulu témoigner.
Aldo Bianchi, président de « Marseille et moi »