Appel des 100 Citoyens du Sud pour participer au « Mouvement régional d’initiative citoyenne »

Au vu de ce qu’il s’est passé lors des dernières élections municipales, 6 mois après lors de l’élection du nouveau maire et pour les élections sénatoriales (aucune candidature citoyenne), il nous a semblé utile avec l’association « Réinventer la Gauche » de reconstituer un pôle citoyen en en vue des futures élections départementales et régionales. Mad Mars a été invitée mais n’a pas encore répondu. 

Les élections régionales ont pour avantage de n’offrir aucun.e sortant.e et d’avoir une page blanche à remplir. La situation politique est telle que la droite (Muselier) et l’extrême droite (Mariani) pèsent actuellement 70% à eux 2 dans les sondages. Seule une liste unique de gauche et écologiste peut rivaliser à condition que sa part citoyenne soit visiblement identifiée et qu’elle pèse sur la composition de cette liste. C’est ce à quoi nous nous employions et sans perdre de temps car le risque existe de voir se refaire la martingale marseillaise.

L’appel que nous avons lancé, mardi 5 janvier et que 180 personnes ont déjà signé doit fixer ce pôle citoyen, interpeller les médias, et poser les règles avec nos partenaires politiques.

Appel des 100 Citoyens du Sud pour participer au « Mouvement régional d’initiative citoyenne »

Nous, citoyens, citoyennes, acteurs économiques, culturels, environnementaux, sanitaires et sociaux, militants associatifs, politiques et syndicaux, serons au rendez-vous des prochaines élections régionales qui se tiendront en 2021.

Nous mesurons tous combien cet enjeu est essentiel, dans le contexte de la crise sanitaire et sociale.

Comme il est nécessaire de sortir d’une représentation régionale limitée aujourd’hui aux seules droites et extrêmes droites, il faut pour cela éviter une pluralité de listes à gauche qui avait été fatale en 2015.

Notre devoir, notre responsabilité, est de faire face aux inégalités croissantes, aux difficultés d’accès à un logement décent et aux transports.

Notre ambition est de promouvoir la recherche et un enseignement secondaire, supérieur et professionnel de qualité.

Notre volonté est de répondre aux besoins de santé, de soins, de culture et de sports, de mettre fin à la dégradation des villes, des villages et des paysages, à l’insuffisance d’emplois stables et qualifiés pour tant de nos concitoyen(ne)s, dans notre région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Oui, notre région mérite mieux qu’un changement de nom. 

Demain, nous pouvons la transformer, la dessiner autrement, progressiste, humaniste, écologique, réductrice des inégalités sociales et territoriales, grâce aux milliers de citoyen(ne)s qui font vivre nos territoires au quotidien, à travers leur engagement professionnel, associatif, politique, syndical et familial.

Ensemble, nous vous proposons d’inviter chacune et chacun d’entre eux à participer au « Mouvement régional d’initiative citoyenne » que nous lançons aujourd’hui, avec la mise en place d’une plateforme participative « www.citoyensdusud.com », dont la vocation est de contribuer à l’intelligence collective qui élaborera les politiques publiques régionales.

La volonté et l’implication de chacune et de chacun d’entre vous sera déterminante pour bâtir, avec tous ceux qui partagent cette ambition, une région citoyenne, solidaire, écologique et démocratique.

C’est en nous rassemblant dès à présent et en contribuant à la constitution d’une liste ouverte, d’union citoyenne des forces de gauche et écologistes, que nous saurons répondre aux défis sociaux, économiques, environnementaux, éducatifs et culturels.

Pour une autre région, demain.

Je signe l’Appel !

Les 180 Premiers signataires de l’Appel :

Aïcha Sicre, Danseuse, Aix-en-Provence

Adélaïde Agosta, Administratrice de compagnies de spectacles vivants, Marseille

Alain Brunello, Ingénieur, Vice-Président retraité d’Airbus-Helicopters, Marseille

Alain Fourest, Consultant en gestion urbaine, spécialiste du développement social des quartiers, Ancien responsable national de la « politique de la ville » auprès du Premier ministre, Président d’honneur de l’association « Rencontres tsiganes en Paca », Marseille

Aldo Bianchi, Chirurgien-Dentiste, Président de l’Association « Marseille et moi », Marseille

Aline Ruiz, Professeure de Yoga, Hyères, Var

Alizée Talha, Etudiante, Aix-en-Provence

Anissa Slimi Demailly, Assistante de Direction, Mirabeau, Alpes-de-Haute-Provence

Anna-Clara Bianchi, Avocate, Marseille

Anne Durey, Psychothérapeute, Présidente de l’association APADEM, Aix-en-Provence

Anne Sellier, Membre du Collectif AGIR, Aix-en-Provence

Arnaud Dupleix, Ingénieur informatique et maintenance des bâtiments, « Collectif des écoles de Marseille », Marseille

Assia Mohammedi, Educatrice sportive en natation artistique, Athlète de haut niveau, Aix-en-Provence

Audrey Battaglia, Professeure de Physique-Chimie, Marseille

Audrey Jansen, Ingénieure de recherche à l’Université, Cassis

Béatrix Mathieu, Directrice des Ressources Humaines, Le Puy-Sainte-Réparade

Bettine Banuls, Psychanalyste, Bénévole chez ASMAJ, Marseille

Brigitte Baudot, Professeure de Sciences de la Vie et de la Terre, Aix-en-Provence

Brigitte Marchaud, Assistante de Direction, Marseille

Carlotta Bianchi, Cheffe de projet en marketing, Marseille

Caroline Daniel, Enseignante, Marseille

Catherine Gasnier, Professeure d’Economie, Aix-en-Provence

Céline Garric, Enseignante et Auteure, Marseille

Céline Haumesser Bachelier, Artiste, Syndicaliste, Marseille

Chantal Monleau, Enseignante, Marseille

Chloé Gattini, Entrepreneure, Aix-en-Provence

Chris Bourgue, Responsable associatif, Marseille

Christian André, Professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, Embrun, Hautes-Alpes

Christian Bruschi, Professeur d’Université émérite, Avocat honoraire, Président de l’association « Réinventer la gauche », Marseille

Christian et Danielle Oppetit, Responsable de bibliothèques, Marseille

Christian Mazzucchini, Acteur, La Bouilladisse

Christiane Durand, Chercheuse au CNRS, Marseille

Christiane Goris-Petite, Psychologue-Psychanalyste, Marseille

Christiane Vandrame, Professeure d’Université, Association « Ballon Rouge », Aubagne

Christine Bartolomei, Magistrate honoraire, Présidente du tribunal pour enfants, Marseille

Christophe André, Comédien, Aix-en-Provence

Claude Monleau, Président honoraire d’Université, Directeur-Adjoint d’Institut de recherches universitaires et de formation, Marseille

Danièle Jaffrain, Photographe, Aix-en-Provence

Didier Bourlès, Professeur en Sciences de l’Environnement à AMU, Aix-en-Provence

Dominique Daniel, Avocate, Aix-en-Provence

Eliette et Patrice Para, Syndicalistes, Marseille

Emeline Giordano, Avocate, Aix-en-Provence

Emmanuel Perreau, Urbaniste, membre de l’association « Devenir », Aix-en-Provence

Emmanuelle Babey, Porteuse de projets, Marseille

Emmanuelle Blanc, Chirurgien-Dentiste, Marseille

Eric Laratte, Ingénieur, Marseille

Eric Pena, Professeur de lettres, Marseille

Fabienne Malyszko, Secrétaire de Direction, Meyrargues

Fatima Hassani Siti, Cuisinière dans la restauration, Marseille

Florent Fernandez, Consultant médical, Cabriès

Francis Ampe, Ingénieur, Urbaniste, Marseille

Françoise Deschaux-Beaume, Responsable de l’Association « Changer Marseille », Marseille

Frédéric Verdier, Cadre de cabinets d’audit et de conseil KPMG, Aix-en-Provence

Georges Mercury, Chirurgien-Dentiste, Aix-en-Provence

Gérard Perrier, Professeur de lettres, Fondateur de l’Université Populaire et Républicaine, Marseille

Gilbert Orsoni, Professeur émérite AMU, Doyen honoraire de la Faculté de Droit et de Science Politique, Marseille

Guillaume Lehr, Ingénieur, Aix-en-Provence

Guillaume Petite, Chercheur physicien, Directeur d’UMR retraité, Marseille

Guy Roustang, Chercheur au CNRS, Aix-en-Provence

Hélène Faure Gignoux, Présidente de l’association « MFR LA TOUR », La Tour d’Aigues, Vaucluse

Hélène Goldet, Actuaire, Déléguée des Bouches-du-Rhône de l’association du droit à mourir dans la dignité, Marseille

Hervé Gasnier, Cadre de l’Aérospatial, Aix-en-Provence

Houria Hannachi, Responsable administrative, Présidente de l’association « Jas en Couleurs », Aix-en-Provence

Hugo Galtier, Agent Immobilier, Marseille

Hugues Adamo, Développeur, Ingénieur en informatique, multimédia et réseaux, Aix-en-Provence

Isabelle Bordet, Psychologue bénévole pour le Collectif de soutien psychologique des délogés, Marseille

Isabelle Espié, Avocate, Aix-en-Provence

Isabelle Renucci, Enseignante, La Ciotat

Jacqueline Vesperini, Professeure, Marseille

Jacques Boulesteix, Astrophysicien, Carnoux-en-Provence

Jacques Cardeillac, Chirurgien-Dentiste, Marseille

Jacques Desideri, Responsable syndical CFDT, ATTAC, LDH, Copernic, Aix-en-Provence

Jacques Durand, Chercheur au CNRS, Marseille

Jean Orsini, Cadre CEA, Venelles

Jean Poitevin, Artiste Peintre, Architecte honoraire, DPL, Marseille

Jean-Jacques Lyon, Membre de la « Ligue des Droits de l’Homme », Aix-en-Provence

Jean-Louis Benoist, Soutien technique et opérationnel aux actions commerciales à l’international, Prads-Haute-Bléone, Alpes-de-Haute Provence

Jean-Louis San Marco, Professeur de Médecine, Ancien Président de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Marseille

Jean-Michel Brunel, Chirurgien-Dentiste, Eguilles

Jean-Pierre Etienne, Gérant de Société, Cadre retraité de la SNCF, Marseille

Jean-Pierre Lanfrey, Président de la Bibliothèque Cézanne et de l’association « Relais des Possibles », Aix-en-Provence

Jean-Pierre Lieutaud, Président de l’association « La Ciotat Citoyenne Responsable et Engagée », La Ciotat

Jean-Pierre Michel, Médecin généraliste, Directeur d’un Centre de santé mutualiste, Aix-en-Provence

Jean-Yves Gacon, Retraité de la fonction publique, Marseille

Jérôme Durand, Architecte, Aix-en-Provence

Julie Franceschi, Cadre, Marseille

Julien Lefèvre, Enseignant-Chercheur, Marseille

Juliette Simon, Entrepreneure libérale paramédicale, engagement associatif dans la solidarité avec la Palestine, Aix-en-Provence

Laetitia Noé, Professeure des écoles, Marseille

Laëtitia Recking, Commerçante, Restauratrice, Aix-en-Provence

Larbi Talha, Economiste, spécialiste de l’économie du développement et de l’économie du travail, Chercheur au CNRS, Aix-en-Provence

Laura Minéo, Ingénieur Agronome, Consultante en financement de l’innovation, Aix-en-Provence

Lekbir Halloum, Ingénieur des Arts et Métiers, Entraîneur de football au Club sportif du Pays d’Aix, Professeur agrégé de Génie mécanique, Aix-en-Provence

Lise Petermann, Artisane Créatrice, Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence

Louisa Zidane, Responsable d’associations citoyennes et sportives, Aix-en-Provence

Madeleine Imbert, Enseignante, Marseille

Marc Durand, Professeur agrégé d’éducation physique, Vice-Président de l’association « Rencontres Tziganes », Aix-en-Provence

Marc Pena, Professeur et Ancien Président d’Université, Doyen honoraire de la Faculté de Droit et de Science Politique, Aix-en-Provence

Marie-Claire Rubinstein, Réalisatrice, Ingénieur-Chercheur, Aix-en-Provence

Marie-Josée de Saint-Férréol, Avocate honoraire et Chef d’entreprise, Aix-en-Provence

Marouane Dardouri, Commerçant, Président de l’association « Tout pour les jeunes », Aix-en-Provence

Martine Bigot, Ingénieure pour l’enseignement numérique, Association « 60 millions de piétons », Marseille

Martine Jourdan, Membre du Collectif Agir et d’Amnesty International, Aix-en-Provence

Maryline Le Minoux, Actrice, La Bouilladisse

Michèle Bianchi, Tapissière en meuble, Formatrice, Marseille

Michèle Lecoubet, Demandeur d’emploi, Marseille

Mireille Theveny, Professeur d’Anglais, La Cadière-d’Azur, Var

Muriel Daumal Nicaise, Professeure agrégée d’Espagnol, Pertuis, Vaucluse

Myrtho Bruschi, Avocate, Marseille

Nadine Milliard, Enseignante retraitée, Marseille

Nathalie Damman, Avocate, Aix-en-Provence

Nathalie Mineo, Avocate, Aix-en-Provence

Noëlle Imbert, Musicienne à l’Orchestre Philharmonique de l’Opéra, Marseille

Olivier Negrin, Professeur agrégé des facultés de droit, Aix-en-Provence

Patrick Barrau, Professeur de droit à AMU, Bouc-Bel-Air

Paul Verdi, Retraité de la Caisse nationale des allocations familiales, Marseille

Philippe Blache, Directeur de recherche au Laboratoire Parole et Langage, Aix-en-Provence

Philippe Jeury, Photographe, Aix-en-Provence

Philippe Langevin, Économiste et Maître de Conférence, Marseille

Pierre Beziers, Metteur en scène, Aix-en-Provence

Pierre Lecoubet, Directeur des Ressources Humaines, Collectif « Nos quartiers demain », Marseille

Pierre Morbelli, Chef d’entreprise, Venelles

Rémi Duthoit, Paysagiste et Plasticien, Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence

René Agarrat, Fondateur et Président du Festival « Charlie Free », Vitrolles

René Jullian, Directeur général de société, Marseille

Solène Fages, Assistante de Direction, Aix-en-Provence

Stefania Nardini, Journaliste-Ecrivaine, Marseille

Stéphane Ribeiro de Abreu, Architecte, Marseille

Sylvie Brunel, Retraitée, Eguilles

Sylvie Remazeille, Chef d’entreprise, Directrice Immobilière, Aix-en-Provence

Sylvie Wharton, Professeure d’Université, Aix-en-Provence

Thérèse Talha, Traductrice, Aix-en-Provence

Thierry Aguila, Réalisateur et Scénariste, La Ciotat

Thierry Dutard, Architecte, Aix-en-Provence

Thierry Sicre, Cadre de l’Aérospatial, Aix-en-Provence

Torkia Reghouat, Aide à domicile, Marseille

Vincent Delegue, Consultant international, Responsable associatif, Marseille

Yves Vandrame, Professeur, Aubagne

Yvon Mohring, Président de l’Association accompagnement à la recherche d’emploi sur le Val de Durance PCRD, Meyrargues

Michel Tagawa, Spécialiste de la petite enfance, Militant associatif, Marseille

Roger Bernard, Membre de la FFHB et de la ligue Paca de Tennis, Marseille

Rémi Bos, Chercheur neuroscientifique au CNRS, Bénévole au Théâtre des Argonautes, Marseille

Jacques Pradel, DR émérite CNRS, Association « Continuons Ensemble », Marseille

Antoine Haurillon, Technicien du spectacle, Animateur d’un Collectif « Groupe d’Infusion Citoyenne » d’actions de transition écologiques et solidaires, Meyrargues

Rudy Ebreuil, Chef d’entreprise, Militant associatif, Peyrolles-en-Provence

Nathalie Boyer Mimoun Stoklikas Dyzenhaus, Cheffe de projets politiques publiques, Association de parents de jeunes autistes, Marseille

Laurent Perrin, Chercheur au CNRS, Marseille

Daniel Dahl, Musicien, Aix-en-Provence

Ivo Vanzetta, Chercheur, ATTAC, Marseille

Nicolas Drunet, Salarié ONG, Militant associatif, Marseille

Gaëlle Vitureau, Musicienne enseignante, Associations d’achats groupés bios et locaux, Meyrargues

Bernard Quéguiner, Professeur des universités, Marseille

Mathilde Geoffroy, Professionnelle de la culture en recherche d’emploi, Marseille

Philippe Gérard, Ingénieur, Carnoux-en-Provence

Cédric Matthews, Ingénieur de recherche CNRS, Marseille

Serge Avaro, Militant « Collectif Soutien Migrants 13 », Marseille

Mounir Ben Ammar, Fonction publique, Engagement associatif défense valeurs républicaines, Aix-en-Provence

Sabine Brochier, Enseignante retraitée, Association AGIR, Bénévole à « Artisans du Monde », Aix-en-Provence

Claude Pizzo, Président de deux associations, Marseille

Gérard Geron, Enseignant, Miramas

Valentine Caffè, Chargée de communication, Marseille

Jean-René Pendaries, Retraité CNRS, Marseille

Laurent Natali, Responsable des Achats, Marseille

Jean-Luc Fauche, Engagé dans l’association « 5HOP/Prix Tournesol », Avignon

Yves Monti, Fonction publique, Allauch

Gilles Montalva, Bibliothécaire, Marseille

Nathalie Casanova, Assistante dentaire, Marseille

Jacques Marchetti, Directeur général vente de logiciels, Marseille

Jean Ribault, Metteur en scène, Avignon

Christophe Calvet, Chef de groupe chez Daher, Châteauneuf-les-Martigues

Martial Gil, Médecin, Marseille

Moina Said Mohamed, Préparatrice en pharmacie, Marseille

Jean-Marc Suarnet, Retraité de l’Education nationale, Fuveau

Dan Gab-Hingonne, Sans activité, Aix-en-Provence

Roselyne Lemeunier, Intervenante plasticienne, Avignon

Eve Couturier, Compositrice de bandes sons de films et de spectacles, Marseille

Didier Nadal, Cadre Enedis, Ambition Pour Gap, Mobil Idées, LPO, Gap

Jean-Pierre Castex, Retraité, La-Bâtie-Neuve

Gwennaelle Jezequel, Superviseur projet, Vidauban

Julien Poussin, Conseiller en Insertion Professionnelle, Conseiller municipal et communautaire, Fréjus

Robert D’Angelo, Enseignant, Association « Proxipousse », Collectif des Saint-Paulins Ensemble, Marseille

Le mouvement sans précédent…

Le 10 juillet 2019  « Marseille et moi » a contribué à la publication dans le journal « Libération » d’une tribune annonçant ce mouvement sans précédent qui associe citoyen.ne.s , associations et organisations politiques.

L’objectif est clair: proposer aux électrices et aux électeurs en mars 2020 lors des élections municipales une liste où se présenteraient à parité des membres de la société civile et des membres des partis politiques.

L’essentiel étant de présenter un projet municipal qui redonnerait aux marseillais.e.s une qualité de vie, une équité entre les différents quartiers et une dignité perdues au fil des mandats successifs de l’équipe municipale sortante.

Cet appel est donc un acte important qui doit être signé par vous toutes et par vous tous afin de dynamiser ce mouvement.

Je compte sur vous ,

Pour signer, cliquez ici

Aldo Bianchi, Président de « Marseille et moi »

Nous, citoyens et collectifs de Marseille, appelons tous les habitants à s’unir pour l’avenir de notre ville.

La raison d’être de « Marseille et moi » est de faire de l’expertise en débat public de tous les aspects de notre Ville et de la Métropole.
C’est aussi de montrer que les citoyens.nes, qu ‘on appelle société civile, peuvent s’impliquer dans les affaires publiques.
Nous avons toujours pensé que devant la déliquescence des partis traditionnels , il fallait que l’initiative du rassemblement des progressistes, sous forme de liste unique en vue des élections municipales de 2020, viennent de nous comme d’autres collectifs citoyens.
Nous avons donc été à l’origine avec 3 autres: Mad Mars, Marseille en commun et Ré-inventer La Gauche, de l’appel intitulé « s’unir ou subir », paru et commenté dans la Provence du 16/05 et dans Libération du 17/05 ainsi que dans Marsactu et Go’met. ( Texte ci-dessous)
Cet appel a déjà été signé par 21 associations et collectifs.
Désormais vous pouvez, et je vous propose de le faire, le  signer individuellement sur Change.org en cliquant sur le lien ci dessous.
Aldo Bianchi (Président de Marseille et moi)
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Nous, citoyens et collectifs de Marseille, appelons tous
les  habitants à s’unir pour l’avenir de notre ville.

Après 25 ans de politiques municipales loin de l’intérêt général, nous ne pouvons pas laisser en place un système et des pratiques qui ne correspondent plus aux exigences éthiques et démocratiques de notre époque.

Marseille est disloquée par les inégalités, les ségrégations, et le clientélisme. Nos écoles publiques et nos logements tombent en ruine. Un quart des marseillais est souffrance, sans que rien ne soit fait.

Des projets urbains s’accomplissent sans vraie consultation des habitants et parfois même contre eux. Nos espaces publics sont abandonnés ou vendus à la découpe.

Nous ne voulons pas d’un avenir où Marseille reste à jamais la ville de France la plus polluée, la plus embouteillée, la plus sale, la moins bien entretenue, la moins bien gérée.

Ne rien faire aujourd’hui, c’est laisser s’aggraver les fractures au sein même de la ville. Il y a ceux qui peuvent encore profiter de ce qu’elle permet, et les autres, loin de tout, assignés à résidence.

Ne rien faire aujourd’hui, c’est laisser s’accumuler des bombes à retardement pour les années à venir, lorsque l’indifférence et la résignation auront laissé place à la colère – légitime – des habitants.

Nous, Marseillaises, Marseillais, nous méritons mieux, bien mieux que cela.

Nous méritons de belles mobilisations citoyennes et elles sont là. Ce sont celles qui n’ont jamais cessé de grandir depuis des années, à travers tant de collectifs, associations et syndicats. C’est le Manifeste pour un Marseille vivant, ouvert et populaire. Ce sont les temps forts et États généraux pour Marseille qui s’annoncent en juin.

Dans la diversité de nos engagements citoyens, individuels ou collectifs, nous avons beaucoup en commun. Et nous partageons donc une seule et même responsabilité, pour nous et pour tous les enfants de cette ville, ses citoyens de demain : jouer collectif !

Les élections municipales sont dans moins d’un an. C’est demain.

Pour gagner face au système en place, face à ses héritiers et face à l’extrême droite, nous appelons au rassemblement au sein d’une liste unique pour le progrès social, écologique et économique, pour tous les citoyens.

Vous aussi, vous êtes indignés ?
Vous aussi, vous vous inquiétez pour vos enfants et pour l’avenir de Marseille ?
Vous aussi, vous refusez son déclin ?
Vous aussi, vous êtes solidaires des colères, des manifestations, et des débats qui animent la ville et appellent au changement ?

Alors ensemble, allons reprendre les clés de Marseille à ceux qui croient nous les avoir confisquées pour toujours. Ensemble, faisons de cette ville que nous aimons tant, la ville que les Marseillais méritent.

  • La ville de la démocratie permanente, gouvernée en transparence en donnant le droit à la parole aux 860 000 Marseillais, et que crèvent enfin le clientélisme et la corruption.
  • La ville d’une vie sûre et digne pour tous, partout, logements, écoles, emplois, transports, hôpitaux, bibliothèques, crèches…
  • La ville de la transition écologique et énergétique, enfin à la hauteur des enjeux sanitaires, économiques et environnementaux (qualité de l’air et des sols, préservation de la biodiversité et de la ville, création d’emplois pour cette transition…).
  • La ville de services publics de qualité, réorganisés pour tous les usagers.

Ce n’est pas en relookant Marseille pour la vendre aux plus offrants qu’on mettra fin aux inégalités. Mais c’est en s’attaquant d’abord aux inégalités qu’on rendra notre ville plus riche de ses solidarités, et plus soudée pour lutter contre la pauvreté, développer l’économie, l’emploi et l’attractivité.

Voilà pourquoi nous appelons les habitant.es, collectifs, militant.es associatifs, syndicaux, et politiques, les actrices et acteurs économiques et culturels, à signer cet appel en faveur d’une liste unique face au système en place et à l’extrême droite, et à le partager pour mettre le changement à portée de vote.

Nous sommes les Marseillais,
et nous allons gagner…

Aux urnes, citoyens !

Art’Up 13, Association IDA, Patrimoine vivant de la Méditerranée, Brouettes et compagnie, Collectif « Esprit Topaze – Les Sentinelles en mutation », Collectif « J’Y vis G mon Avis », Collectif Citoyens du 3ème, Collectif écoles publiques du 3ème, Donut (#BalanceTonTaudis), Innovons pour Marseille Métropole, Le Grand Rattrapage, Le Mouvement, MadMars, Marseille citoyenne, Marseille en Colère, Marseille en Commun, Marseille et moi, Marseille ville Ouverte, Marseille résistances, Piéton à Marseille, Réinventer la gauche, Syndicat des poussettes enragées

 » L’urbanisme marseillais : l’inquiétant envers du décor  » – Compte-rendu du débat du mercredi 6 Mars 2018 au théâtre de l’oeuvre

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Un sujet brûlant, une assistance très nombreuse, passionnée, impliquée, pour une audition-débat organisée dans le format  habituel proposé par l’association Marseille et moi  qui met en présence  experts et acteurs, spécialistes et militants à propos d’une question touchant Marseille et la métropole.  Confrontation qui n’exclut pas, bien au contraire, que les acteurs soient experts ou les experts acteurs : la composition de la tribune, comme le déroulement de la réunion en ont fait la démonstration en faisant apparaître tout au long de la soirée la question cruciale de la démocratie dans la construction d’un projet urbain.

Par quel angle saisir ce sujet complexe  de l’urbanisme  qui touche à de nombreux champs ? La question démocratique, qui est au cœur de la démarche de l’association, Marseille et moi, est la meilleure façon de l’aborder. Aldo Bianchi le souligne d’emblée en évoquant le géographe marseillais Marcel Roncayolo pour introduire le débat . Pour celui-ci, chacun entretient un rapport personnel à sa ville, à sa géographie. Il faut pouvoir parler de ce qu’est une ville, de ce qu’est notre ville. Le drame de la rue d’Aubagne en impose d’autant plus l’exigence.

Une ville 7 fois détruite et reconstruite rappelle Aldo Bianchi en citant Gaston Defferre. Mais une ville qui figure trop souvent dans les derniers rangs des classements sauf quand il s’agit de la pollution. Une ville marquée par un déséquilibre territorial flagrant, amplifié par la loi PLM qui a conduit à diviser la ville en 8 secteurs, assurant  à celui qui l’emporte dans seulement 4 de ces secteurs la victoire aux élections municipales . Aldo Bianchi continue en évoquant les grands dossiers sur lesquels l’association a alerté ces dernières années : l’état des écoles, la pollution (à la Tourette par exemple), le déséquilibre des transports.

Il faut une vision d’avenir pour Marseille. Et pour cela d’abord comprendre cette ville, comprendre d’où elle vient, comprendre ses habitants.  Six invités pour s’y engager :

Francis Ampe, ingénieur, urbaniste (Datar), ancien maire de Chambéry

Karima Berriche, sociologue et militante, membre du Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille

Jean-François Cerutti, président de l’association Un centre ville pour tous

Kevin Vacher, sociologue et militant dans le collectif du 5 novembre

Claire Poutaraud, architecte, urbaniste

Alain Fourest, un des pionniers de la politique de la ville.

Francis Ampe , néo-marseillais (depuis 18 ans cependant), évoque d’abord le premier choc ressenti en arrivant à Marseille : les voitures garées sur les trottoirs… il découvre alors une situation qu’il juge catastrophique mais non privée d’espoir car : «  la ville, dit-il est le seul être vivant capable de rajeunir ». A condition de prendre les bonnes décisions.

Francis Ampe présente un panorama historique de Marseille sous l’exergue de deux citations de Marcel Roncayolo.  La première, extraite de L’Imaginaire de Marseille (1990) indique le défi politique majeur que doit relever la ville : construire une représentation partagée avec l’espace proche de l’hinterland. Défi toujours actuel. La deuxième, extraite de Le géographe dans sa ville (2016) souligne le bouleversement produit par le déclin  des grandes sources d’attractivité de la ville qu’étaient le négoce et l’industrie.  Alors, la question jusqu’alors secondaire de la forme urbaine de la ville prend aujourd’hui le pas sur la dimension économique qui avait produit la ville industrielle. On a maintenant   des femmes et des hommes beaucoup plus que des activités. Le traitement de la ville dans laquelle on habite –l’urbanisme, défini comme l’art de concevoir la ville- prend la première place.

Trois événements pour scander l’histoire récente de Marseille.

  1. L’arrivée de l’eau. La ville peut s’épanouir. Les 110 noyaux villageois sont périmés (sauf dans l’esprit de certains responsables). Dans le contexte des colonies, Marseille invente la ville industrialo-portuaire. Le nouveau port de la Joliette offre 10 km de façade maritime, une opportunité exceptionnelle aujourd’hui sous-utilisée. Marseille devient la grande ville que nous avons connue. Un siècle d’histoire ;
  2. La grande erreur. Alors que le port de Fos est créé sous l’égide de la Datar, Marseille refuse de devenir une communauté urbaine. Et tandis que les grandes villes de France telles que Lyon, Bordeaux, Lille ou Strasbourg apprennent à travailler en commun, Marseille reste seule. Il faut attendre 2000 pour la création de la communauté urbaine que suit l’institution de la métropole. Retard historique majeur.

Années 90.  Le maire, Robert Vigouroux, prend conscience de l’état de délabrement de la Joliette et admet que la Ville ne peut s’en sortir seule. Les discussions avec la Datar conduisent l’Etat à la décision de la création de l’établissement public Euroméditerranée (1995). C’est un quartier à la dimension de la métropole qui est créé. Alors que le TGV arrive à Marseille (2001), c’est une nouvelle ambition qui anime Marseille, le projet du Mucem est débloqué, seul musée d’Etat en région. Marseille devient capitale européenne de la culture (2013).

Le projet de création d’une métropole est essentiel parce qu’il correspond à des enjeux économiques décisifs. Dans ces années 90 apparaît le phénomène de la métropolisation qui est la traduction spatiale du phénomène économique de la mondialisation.  Avec l’hyper industrialisation provoquée par les transformations des transports et la révolution numérique, l’industrie fonctionne différemment.  C’est une opportunité dont Marseille peut se saisir. A condition que le projet métropolitain organise une bonne adéquation entre l’espace de mobilité (entre Fos et La Ciotat) et le système de gouvernance.  Il y a un gros retard à rattraper sur ce point.

Enfin, Francis Ampe indique un dernier enjeu décisif : la sanctuarisation des terres arables dans cet espace urbain et métropolitain. Il faut dorénavant construire la ville sur la ville.

Note optimiste pour conclure : la cuvette de Marseille est un emplacement exceptionnel !

Jean-François Cerutti nuancera ses propos dans le débat mais il veut d’abord présenter un réquisitoire.

Il précise d’abord le tableau historique en remarquant que les deux phases d’expansion urbaine, après l’arrivée de l’eau puis après 1960, ont été l’une et l’autre marquées par l’urgence. Marseille subit encore aujourd’hui le poids de cette urbanisation effectuée dans l’urgence.

La question centrale est de savoir comment et pour qui se fait la transformation urbaine. Citant Henri Lefebvre, Le droit à la ville, il dénonce la prééminence accordée à la valeur marchande sur la valeur d’usage, autrement dit, la marchandisation de l’habitat. Depuis 25 ans, la municipalité applique un projet  urbain cohérent : laisser faire le marché. A côté des grandes opérations urbaines  co-pilotées avec l’Etat, il reste à la Ville le centre-ville et l’aménagement de l’espace public. « Reconquête » du centre-ville (contre qui ?), embellissement de l’espace public (Vieux-Port, Plaine), valorisation des biens, mesures incitatives pour l’investissement privé : la cohérence consiste à chercher à attirer des populations nouvelles, au nom d’une mixité sociale retournée contre celle qui existe déjà.

Dans les opérations de rénovation urbaine, rue de la République (500 logements habitables vides), grand centre-ville (opération en grande partie abandonnée), plan ambition centre-ville (limité au Vieux-Port et Accoules, mobilier urbain), les besoins des habitants ne sont pas pris en compte, hormis une amélioration dans l’opération grand centre-ville en 2011. Le logement social prévu (1500/an) est très insuffisant au regard des besoins des habitants, ou simplement pour renouveler le parc ancien.  Le logement social nouveau est prévu exclusivement au nord de la Canebière, ignorant le centre-ville rebaptisé hypercentre (disparition de la servitude de logement social pour l’îlot Korsec).

Les habitants veulent des espaces de proximité à côté des écoles, même de superficie modeste (150 ou 200 m²). Mais ils ne sont pas consultés.

La conclusion porte sur la question démocratique : les habitants ne sont pas suffisamment associés pour étudier avec les techniciens les besoins existants. Il y a un vrai déficit démocratique.

Karima Berriche présente le Syndicat des Quartiers Populaires dont elle est membre, son histoire et les modalités de son action. Longue histoire qui trouve ses racines profondes dans la marche de 1993 pour l’égalité des droits et contre le racisme, et sa filiation plus récente avec la création du Collectif des Quartiers Populaires de Marseille en 2013 après un énième assassinat lié au trafic dans le 13èmearrondissement. Tous les quartiers populaires sont alors représentés et la question de l’égalité des droits s’impose. Après des divergences internes et la dissolution du CQM en 2015, le Syndicat des Quartiers Populaires est créé en mai 2018, conduit par une éthique de continuité dans le travail militant, d’accompagnement des mobilisations des habitants, et doté d’une méthode : des assemblées populaires régulières, fondée sur le concept d’expertise des habitants.

    Le document qui en résulte –les 101 propositions pour Marseille-, envoyé partout, n’a reçu aucune réponse hormis celle de la Préfecture, avec laquelle des rencontres ont été organisées, sur des thèmes ciblés, comme la santé, où se manifeste le déséquilibre entre le nord et le sud de la ville.

Habiter dans ces quartiers, come le fait Karima Berriche, c’est à la fois être dans et hors la ville, subir des discriminations liées à l’origine et au lieu d’habitation, subir un sous-équipement, un sous-emploi même quand les entreprises sont implantées dans le quartier (Bassens, pas d’embauche des habitants par les entreprises sur place).

Kevin Vacher  se présente sous ses deux casquettes, ses deux expertises qu’il entend faire travailler l’une avec l’autre, celle d’habitant de Noailles militant depuis l’accident et celle de sociologue travaillant sur les mobilisations urbaines. Il entend ainsi, pour affronter la question essentielle, la question démocratique, faire dialoguer la question urbaine, la question de la production de la ville avec la question de la sociologie de la ville, des mobilisations urbaines, en examinant un double rapport : l’impact de l’urbain sur les populations et leur comportement politique et inversement  la participation des mobilisations urbaines à la représentation et à la construction de la ville.

C’est le moyen de réfléchir à nouveau frais sur ce qui s’entend partout, chez les militants comme chez les acteurs institutionnels comme un dogme partagé : faire la ville avec ses habitants.  Le défi est de passer de l’échelle locale du quartier à celle de l’ensemble de la ville.

Depuis le 5 novembre, les choses ont changé. Les luttes  urbaines, depuis les années 2000-2010  se présentaient à Marseille comme en France ou dans le monde  sous la forme de trois catégories distinctes, les luttes dans les quartiers populaires, celles rassemblant la jeunesse précaire (type Assemblée de la Plaine), celles enfin portant sur les questions d’hygiène et de sécurité, émanant plutôt des classes moyennes et supérieures dans des structures telles que les CIQ. Malgré des tentatives de coalition, ces luttes restaient fragmentées. L’événement du 5 novembre a produit une convergence de ces fractions de la société marseillaise. Une série d’éléments objectifs ont produit des effets concrets importants ;

Premier élément : la liste des victimes réunit  la diversité des précarités, à l’encontre de certains imaginaires. Elle incarne la ville populaire, multiculturelle, socialement mixte. Les manifestations qui suivent sont remarquables par leur hétérogénéité sociale.

Deuxième élément, la place de Noailles dans la ville, le dernier quartier où tout le monde se reconnaît.

Troisième élément : les évacuations, plus de 2000, ont touché tout l’habitat ancien, surtout dans le centre, et des couches sociales différentes, les classes moyennes et parfois une petite fraction des couches supérieures.

Dans ces conditions, le regard des uns et des autres change. Tous, familles populaires, intellectuels (parfois des journalistes), propriétaires occupants des différents quartiers, tous s’intéressent au même objet et se découvrent des intérêts communs. Une unité se réalise par-delà la fragmentation sociale. Le manifeste du Marseille vivant et populaire est signé par l’ensemble des collectifs de quartier de la ville.

Le défi consiste maintenant à produire un projet urbain partagé.  Les freins sont nombreux, inertie des milieux militants, nouveaux acteurs, question du transfert d’expériences entre générations, pratiques différentes (type ZAD à la Plaine)…  Il faut toucher les habitants au-delà des collectifs militants, associer l’ensemble de la pluralité sociale et politique, de Air Bel au Corbusier, sans craindre, comme le dira plus tard Kevin Vacher dans la discussion, la conflictualité génératrice de participation.

Après ces quatre interventions, la parole est donnée à une salle en effet diverse et experte en la matière : militants associatifs (collectif Laisse béton, SOS Longchamp, collectif Air Bel, …), habitants des quartiers ( Busserine, Noailles, Plaine…),  spécialistes de la question urbaine, citoyens passionnés par leur ville.

Il reste peu de temps pour les deux  témoins appelés à la tribune. Claire Poutaraud évoque les expériences en habitat social réussies à Vienne en Autriche. Une ville où les gens se sentent considérés.  Un logement sur deux est un logement social, ouvert à des catégories sociales diverses. Une mixité sociale qui remonte à l’entre-deux-guerres. Marseille a besoin d’un gros rattrapage, impossible à réaliser sans co-construction, avec des instances de décision en commun  et le recours aux bons techniciens dont dispose la Ville.  Alain Fourest, qui désespérait un peu devant la situation de l’habitat à Marseille et l’absence de véritable politique de la ville depuis  son apparition à Grenoble avec Hubert Dubedout en 1980, dit retrouver le moral avec cette réunion. Il évoque à la fois le passé et l’actualité avec la cité du Petit Séminaire. Le passé puisque le Petit Séminaire avait été le lieu d’une expérience sociale novatrice dans les années 80, quand une équipe d’architectes et de sociologues (Anselme, Péraldi, Jolivet) s’y était installée trois ans durant pour empêcher la démolition prévue et amener  l’Office HLM à entreprendre la rénovation du site. Expérience exceptionnelle de partage de la décision avec les habitants, invention d’une maîtrise d’œuvre sociale et urbaine devenue célèbre. Aujourd’hui, il est à nouveau question de démolir cette cité. Un collectif s’est constitué pour s’y opposer et organiser sa réhabilitation.

Aldo Bianchi conclut la séance en rappelant la vocation de Marseille et moi : organiser le débat public sur toutes les questions qui touchent à Marseille et à la métropole et faire émerger une alternance à proposer aux Marseillais.

En attendant notre Compte Rendu de la réunion sur l’Urbanisme marseillais, voici une nouvelle contribution sur Marseille après le drame de la rue d’Aubagne.

Heurs et malheurs Marseillais !

Je n’en reviens pas encore de la force avec laquelle la municipalité a imposé son projet de réaménagement de la place Jean Jaurès. Pourquoi couper ces arbres, centenaires pour certains? Quel est ce refus de la municipalité d’écouter l’attente des habitants? Bien entendu, que la place Jean Jaurès doit être réaménagée, mais il y avait peut-être moyen d’ajuster le projet? Non, il n’y a pas eu moyen!

Cette autorité, violente, me ramène au drame de la rue d’Aubagne, où on y voit une autorité larvée : J’avais reçu l’information en fin de matinée : un immeuble du centre-ville de Marseille s’était effondré! Je suis resté abasourdi, comme hébété pendant quelques instants. J’habite à environ 500m à vol d’oiseau de la rue d’Aubagne. Comment cela se peut-il? Effondré! Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel! En fait, il s’agissait de 2 immeubles, l’un vide, inhabité, qui a entrainé dans son effondrement un autre, habité. En reprenant mes esprits, la phrase d’un ancien Maire Marseillais m’est venu à l’esprit :

« la bo-nne vi-lle de Mar-seille! » Avec cet accent fort, puissant, rassurant, protecteur, qui montrait bien qu’il ne fallait rien changer des habitudes des habitants pour qu’ils continuent de ne pas changer leurs habitudes de vote. Voilà le résultat de plus d’un demi-siècle d’immobilisme. Voilà le résultat de vingt années de mauvaise gestion de l’habitat! Car le dossier de l’habitat insalubre et dangereux est connu depuis plusieurs années!

Très rapidement, un jeune homme, copropriétaire dans l’immeuble effondré, est venu parler de sa situation aux journalistes : Il avait acheté un appartement, l’avait remis en état, et le louait. Il n’avait rien d’un marchand de sommeil comme certains médias pouvaient dénoncer. A ce moment, j’ai ressenti un certain soulagement de ne pas faire partie de ces gens, calculateurs, qui comprennent qu’en achetant un appartement peu cher dans le centre-ville, presque insalubre, ou en tous cas vétuste et indigne, ils pourraient le rentabiliser rapidement. S’il n’avait rien d’un marchand de sommeil, il en avait tout de même la démarche. J’ai appris plus tard que l’indécence des logements de cet immeuble avait été noté dans un rapport. Ce qui confirme bien ma perception : le manque d’éthique ne peut réfréner l’appât du gain de certains.

Les jours suivants, le journaliste a égrené le nombre de victimes, d’abord 4 corps ont été dégagés, puis 2 autres, puis encore un autre, et enfin un huitième corps quelques jours plus tard. J’espère seulement que ces personnes n’ont pas souffert. J’imagine des personnes blessées, coincées sous des tonnes de décombres, conscientes ou inconscientes, attendant des secours, voyant la mort venir vers elles, lentement, inexorablement. Quel malheur ! Nous ne connaîtrons peut-être jamais les circonstances exactes de la mort de ces malheureuses personnes. Ont-elles souffert? J’espère que non.

Après l’incompréhension d’un tel drame malgré nos lois et nos institutions du 21° siècle, après la compassion ressentie pour ces innocentes victimes, une bouffée de colère m’envahit. Oui, ces victimes sont innocentes, oui, l’affaire était connue, ces immeubles n’avaient pas de fondation, les murs reposaient simplement sur le sol. Mais surtout, depuis plusieurs années, il avait été constaté la présence permanente d’eau dans les caves de ces immeubles. Alors quoi? là aussi, il faut des morts pour que la société évolue? Dans quelle société vivons-nous? Reconnaissons tout de même qu’il s’agit de choix politiques, car des projets immobiliers, dans Marseille, il y en a eu, il y en a : la transformation de l’Alcazar en bibliothèque municipale, l’aménagement démesurée du stade Vélodrome, l’installation du commissariat dans l’immeuble Noailles (sans aménagement de place de stationnement pour les véhicules de service), le déménagement de la mairie du 1° sur la Canebière, l’aménagement du J4 avec le Mucem, la réhabilitation d’un immeuble en hôtel de luxe… Tous ces dossiers sont de grands dossiers, très personnalisés, certains réussis, d’autres pas. Mais l’entretien de l’habitat existant, âme millénaire de Marseille, n’est pas assuré. Problème d’impôt exige, la ville recherche la gentrification des quartiers du centre-ville : le Panier, le Cours Belsunce, Euroméditerranée et la Joliette, la rue de la République. Mais ça ne vient pas. J’ai l’impression d’un complot mal mené, on laisse les vieux immeubles s’écrouler, et on reconstruira sur les ruines… Je pense que la gentrification d’un quartier répond à d’autres besoins et ne se fait pas sur une table rase. De plus, la gentrification n’est pas la mixité sociale. Cette violence est la même violence que pour le réaménagement de la Plaine. En plus, Jean-Claude Gaudin a annoncé devant le conseil municipal son intention de demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. La mairie avait attribué le drame aux fortes pluies tombées sur Marseille les jours précédents. La mairie n’assume pas. Quelle bassesse! quel malheur! L’année 2018 se termine mal à Marseille! Vivement 2020!

Jean Pierre ETIENNE

Urbanisme marseillais: L’inquiétant envers du décor

L’association «Marseille et Moi» a le plaisir de vous inviter à la conférence-débat :

« Urbanisme marseillais: L’inquiétant envers du décor »

Mercredi 6 mars 2019, 18h30 au Théâtre de l’Oeuvre

(1 rue Mission de France 13001 Marseille – tramway/métro Noailles/Garibaldi)

 

Chacun d’entre nous a ses itinéraires dans la Ville. Raconter sa vie et raconter sa ville sont étroitement associés.

La géographie de la Ville comme le témoigne Marcel Roncayolo dans son dernier ouvrage est une question très personnelle pour chacun d’entre nous.

Marseille se transforme assurément, s’embellit pour la plupart des touristes et des marseillais qui arpentent le front de mer.

Mais cette transformation est-elle satisfaisante pour la majorité des marseillais.e.s?

Le 21ème siècle ne peut se contenter d’une hagiographie des noyaux villageois (111 quartiers) dont on nous rebat les oreilles! La Ville-Métropole doit avoir d’autres ambitions , d’autres objectifs notamment celui de la transition énergétique, de la fluidité des transports, d’un habitat digne, d’un espace public retrouvé.

Le séisme du 5 novembre a montré le fossé  qui sépare la ville d’aujourd’hui à la ville « nécessaire » et pas simplement « rêvée » de demain.

L’habitat indigne est intolérable.

L’absence de vision métropolitaine est flagrante.

La souffrance de centaine de milliers de marseillais.e.s  passe par l’absence d’équilibre et d’équipements entre les quartiers populaires et le reste de la ville.

Pour poursuivre notre réflexion sur Marseille et sa métropole, et préparer 2020, nous avons invité à ce débat :

Francis Ampe, ingénieur, urbaniste, ancien conseiller à la DATAR.

Karima Berriche , membre du Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille.

Jean-François Cerutti, président de l’association: « Un Centre Ville pour tous »

Kevin Vacher, sociologue, militant associatif, membre du collectif du 5 novembre.

Et comme témoins : Claire Poutaraud, architecte « Agir en ville » et Alain Fourest, pionnier de la politique de la ville

 

Nous vous attendons nombreux au Théâtre de l’Oeuvre. L’entrée est libre et un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

Aldo Bianchi (Président), Michel Tagawa (Secrétaire général).

Quelle devise voulons-nous pour notre cité ?

Depuis que je suis arrivé à Marseille, il y a quelques années, j’ai l’occasion d’entendre assez fréquemment la même expression: « Je m’en bats les couilles ». Dans la rue, au travail… à tel point qu’on pourrait croire qu’il s’agit de la devise de notre ville…

Cette expression passée dans le vocabulaire commun nous rappelle la menace à laquelle nous devons faire face: une sorte de repli sur ce qu’il y a de plus irréductible, ses proches, sa propre personne… Elle exprime le lent délitement du lien social qui frappe notre cité malgré l’engagement quotidien de citoyen.nes, d’élu.es, de bénévoles, de fonctionnaires, de travailleurs sociaux ou de la santé, etc. Elle révèle surtout que beaucoup de personnes résignées pensent que les choses ne peuvent pas et ne pourront pas s’améliorer.

L’événement tragique de la rue d’Aubagne nous a toutes et tous plongé.es dans la stupeur, et cette fois-ci, personne ne peut dire qu’il n’en a rien à battre…

D’abord, nos pensées vont aux victimes et à leurs proches. Ensuite, ce drame nous oblige à réagir.

Réagir contre cette majorité municipale qui depuis 25 ans qu’elle est au pouvoir, mène, dans un simulacre de démocratie locale, une politique qui n’est pas à la hauteur des difficultés que notre ville doit surmonter. C’est même parfois le sentiment d’un abandon volontaire que les habitant.es peuvent ressentir dans certains quartiers.

Or, qui peut dire que Marseille ne dispose pas d’atouts bien réels pour rendre la vie meilleure à ses habitant.es? Nous avons tout ce qu’il faut pour le faire. Mais pour cela, nous avons à admettre que le changement ne survient que lorsque des gens ordinaires s’impliquent, participent et se rassemblent pour l’exiger.

Soyons dignes des victimes de la rue d’Aubagne et unissons nos efforts afin d’atteindre un idéal, un intérêt commun, un intérêt plus grand qu’il reste à définir. Malgré nos différences, chacun.e d’entre-nous est l’un.e de ces gardien.nes vigilant.es de notre démocratie locale. C’est ainsi que nous pourrons faire de nouveau cité.

Notre capacité à relever collectivement les défis déterminera notre avenir et celui des générations suivantes. Quelle devise voulons-nous pour notre cité ? Les Marseillaises et les Marseillais ont le pouvoir de répondre à cette question. Hissons-nous à la hauteur de nos prédécesseur.es: Effaçons cette sinistre expression et remplaçons-la par la véritable devise de notre Ville: « Actibus immensis urbs fulget Massiliensis », « La ville de Marseille resplendit par ses hauts faits ».

Pierre Huguet

Pouvons nous dire que nous ne savions pas ?

IMG_0055Est-il possible de dire que nous avons été surpris par ce terrible drame ? Pouvons nous dire que nous ne savions pas ? J’ai le sentiment que « tout le monde » savait mais que personne ne voulait vraiment voir.

Bien sur, je ne savais pas dans quel était l’état réel des immeubles qui se sont effondrés et de ceux des alentours mais je savais que des gens y vivaient dans des conditions insalubres voire dangereuses et ce dans l’indifférence quasi-générale des Marseillais. Je vivais avec, je n’étais pas vraiment concerné, c’était loin de chez moi et de mon confort.

Le 5 Novembre 2018, tout a basculé. D’abord, il ne faut pas l’oublier, il y a eu 8 victimes: Simona, une étudiante italienne de 30 ans, Niasse, un Sénégalais de 26 ans, Fabien, un artiste-peintre de 54 ans, Ouloume, une mère de famille de 55 ans, Chérif, un Algérien de 36 ans, Taher, un Tunisien de 58 ans, Marie-Emmanuelle, une femme de 55 ans et Julien, un homme de 30 ans. Ça a basculé pour l’immense majorité des Marseillais qui ont été surpris et choqués.

Je ne peux plus me cacher la vérité et j’ai honte pour ma ville. J’en ai assez que tout ce qui s’y passe soit si négatif et que ça s’y passe dans l’indifférence complice des autorités et des citoyens. J’ai honte de ce que nous ne faisons pas. J’en ai assez de ce que je ne fais pas.

Car enfin, comment ai-je pu vivre avec cette scandaleuse situation en plein centre ville ? Maintenant c’est impossible de faire comme si l’on ne savait pas qu’il y a d’autres situations tout aussi graves ailleurs dans Marseille ?  Toutes, où qu’elles se trouvent dans Marseille doivent être éradiquées très vite dans le respect des habitants.  Je veux aussi m’intéresser beaucoup plus à ces quartiers : en centre-ville,  dans les quartiers nord et d’autres s’il y en a, dire haut et fort que ça n’est plus tolérable, être plus présent physiquement dans ces endroits afin de mieux les connaître, de ne pas les oublier et de contribuer à les faire évoluer.

Cette situation est-elle la conséquence d’une politique délibérée de gentrification des quartiers définie par la municipalité? C’est possible et si c’est le cas ce serait inacceptable car elle aura couté 8 vies et ces vies ne sont pas des numéros. Ce sont des hommes et des femmes dont les visages et les noms hanteront longtemps ceux qui sont les responsables de ce drame. Est-elle aussi la conséquence de l’incurie des autorités, au premier plan des quelles le maire et la mairie? C’est possible aussi et c’est tout aussi inacceptable au vu de ces conséquences dramatiques. Ça les disqualifie pour longtemps.

Une fois la crise avérée, les autorités auraient du la gérer correctement. Cela n’a pas été le cas et ça ne l’est toujours pas. Ça frise l’amateurisme et ça sent la panique sinon le mépris. Heureusement des associations et des ONG font un travail remarquable mais il n’est pas possible de leur laisser faire seules la plus grande partie du travail. Il est urgent que les personnes qui ont été expulsées de leurs logements soient bien relogées, d’utiliser tout l’arsenal législatif existant et de prendre toutes les initiatives possibles pour le faire en accord avec elles.  Il faudra aussi mettre fin aux loyers scandaleux demandés à des personnes en situations de faiblesse par des propriétaires peu scrupuleux.

Mais il n’est pas question que l’affaire s’en arrête là. Il faut aussi dès maintenant, c’est à dire sans attendre la prochaine campagne des élections municipales de 2020, élaborer une vraie politique du logement dans Marseille et la métropole.  Cette politique devra respecter les habitants et être élaborée en les consultant. Il s’agit de restaurer la dignité des logements et des quartiers concernés. A ce titre, le permis de louer semble un bon outil qui semble avoir fait ses preuves ailleurs. Le problème ne pourra pas être le budget. Si c’est nécessaire, l’argent sera pris dans d’autres lignes budgétaires, là où il est moins nécessaire (subventions aux clubs ou associations déjà fort riches, travaux moins importants ou de confort en ville, train de vie des collectivités, etc …).

Faisons de ce drame horrible une opportunité afin que Simona, Niasse, Fabien, Ouloume, Cherif, Taher, Marie-Emmanuelle et Julien ne soient pas morts pour rien et qu’il n’y en ait pas d’autres.

Alain Brunello

Fermer les yeux mais rester allumé

Oui, le 5 novembre 2018 a bien eu lieu. 8 personnes décédées n’auront pourtant pas suffi à faire (ré)agir les responsables politiques municipaux. Si le silence et la fausse compassion des premiers instants furent assourdissants, leur inaction n’en est pas moins effroyable.

Aujourd’hui, alors que près de 2000 personnes sont à la rue, une majorité d’élu(e)s supposée représenter les Marseillais voudrait nous faire croire que tout va bien. Les délogés sont heureux, bien nourris et se déplacent facilement. Ils jouissent d’un quotidien de vie très agréable et peuvent dire « merci ».

Bien sûr, ceux qui pensent que non, tout va mal, rien n’évolue dans le bon sens, ne sont qu’une minorité cherchant à prendre le pouvoir. Ceux-là même qui se réveillent en observant que la politique de rénovation urbaine du centre-ville de Marseille n’est pas une priorité. La promotion immobilière demeure reine en sa ville. Les notables continuent aisément à se répartir le gâteau. Les bougies restent grand allumées. Le feu n’est pas près de s’éteindre à Marseille.

Eva Talha

Prochaine Audition-Débat organisé par Marseille et moi

«Marseille et Moi» a le plaisir de vous informer que sa prochaine Audition débat sur «L’Urbanisme à Marseille» est prévue le 6 mars 2019 à 18h30 au théâtre de l’œuvre à Marseille et vous remercie de réserver cette date dans vos agendas.

Nous vous attendons nombreux au 1 Rue Mission de France 13001 Marseille (Tramway Noailles  ou Canebière Garibaldi; Métro Noailles).

Aldo Bianchi Président de Marseille et moi