En attendant notre Compte Rendu de la réunion sur l’Urbanisme marseillais, voici une nouvelle contribution sur Marseille après le drame de la rue d’Aubagne.

Heurs et malheurs Marseillais !

Je n’en reviens pas encore de la force avec laquelle la municipalité a imposé son projet de réaménagement de la place Jean Jaurès. Pourquoi couper ces arbres, centenaires pour certains? Quel est ce refus de la municipalité d’écouter l’attente des habitants? Bien entendu, que la place Jean Jaurès doit être réaménagée, mais il y avait peut-être moyen d’ajuster le projet? Non, il n’y a pas eu moyen!

Cette autorité, violente, me ramène au drame de la rue d’Aubagne, où on y voit une autorité larvée : J’avais reçu l’information en fin de matinée : un immeuble du centre-ville de Marseille s’était effondré! Je suis resté abasourdi, comme hébété pendant quelques instants. J’habite à environ 500m à vol d’oiseau de la rue d’Aubagne. Comment cela se peut-il? Effondré! Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel! En fait, il s’agissait de 2 immeubles, l’un vide, inhabité, qui a entrainé dans son effondrement un autre, habité. En reprenant mes esprits, la phrase d’un ancien Maire Marseillais m’est venu à l’esprit :

« la bo-nne vi-lle de Mar-seille! » Avec cet accent fort, puissant, rassurant, protecteur, qui montrait bien qu’il ne fallait rien changer des habitudes des habitants pour qu’ils continuent de ne pas changer leurs habitudes de vote. Voilà le résultat de plus d’un demi-siècle d’immobilisme. Voilà le résultat de vingt années de mauvaise gestion de l’habitat! Car le dossier de l’habitat insalubre et dangereux est connu depuis plusieurs années!

Très rapidement, un jeune homme, copropriétaire dans l’immeuble effondré, est venu parler de sa situation aux journalistes : Il avait acheté un appartement, l’avait remis en état, et le louait. Il n’avait rien d’un marchand de sommeil comme certains médias pouvaient dénoncer. A ce moment, j’ai ressenti un certain soulagement de ne pas faire partie de ces gens, calculateurs, qui comprennent qu’en achetant un appartement peu cher dans le centre-ville, presque insalubre, ou en tous cas vétuste et indigne, ils pourraient le rentabiliser rapidement. S’il n’avait rien d’un marchand de sommeil, il en avait tout de même la démarche. J’ai appris plus tard que l’indécence des logements de cet immeuble avait été noté dans un rapport. Ce qui confirme bien ma perception : le manque d’éthique ne peut réfréner l’appât du gain de certains.

Les jours suivants, le journaliste a égrené le nombre de victimes, d’abord 4 corps ont été dégagés, puis 2 autres, puis encore un autre, et enfin un huitième corps quelques jours plus tard. J’espère seulement que ces personnes n’ont pas souffert. J’imagine des personnes blessées, coincées sous des tonnes de décombres, conscientes ou inconscientes, attendant des secours, voyant la mort venir vers elles, lentement, inexorablement. Quel malheur ! Nous ne connaîtrons peut-être jamais les circonstances exactes de la mort de ces malheureuses personnes. Ont-elles souffert? J’espère que non.

Après l’incompréhension d’un tel drame malgré nos lois et nos institutions du 21° siècle, après la compassion ressentie pour ces innocentes victimes, une bouffée de colère m’envahit. Oui, ces victimes sont innocentes, oui, l’affaire était connue, ces immeubles n’avaient pas de fondation, les murs reposaient simplement sur le sol. Mais surtout, depuis plusieurs années, il avait été constaté la présence permanente d’eau dans les caves de ces immeubles. Alors quoi? là aussi, il faut des morts pour que la société évolue? Dans quelle société vivons-nous? Reconnaissons tout de même qu’il s’agit de choix politiques, car des projets immobiliers, dans Marseille, il y en a eu, il y en a : la transformation de l’Alcazar en bibliothèque municipale, l’aménagement démesurée du stade Vélodrome, l’installation du commissariat dans l’immeuble Noailles (sans aménagement de place de stationnement pour les véhicules de service), le déménagement de la mairie du 1° sur la Canebière, l’aménagement du J4 avec le Mucem, la réhabilitation d’un immeuble en hôtel de luxe… Tous ces dossiers sont de grands dossiers, très personnalisés, certains réussis, d’autres pas. Mais l’entretien de l’habitat existant, âme millénaire de Marseille, n’est pas assuré. Problème d’impôt exige, la ville recherche la gentrification des quartiers du centre-ville : le Panier, le Cours Belsunce, Euroméditerranée et la Joliette, la rue de la République. Mais ça ne vient pas. J’ai l’impression d’un complot mal mené, on laisse les vieux immeubles s’écrouler, et on reconstruira sur les ruines… Je pense que la gentrification d’un quartier répond à d’autres besoins et ne se fait pas sur une table rase. De plus, la gentrification n’est pas la mixité sociale. Cette violence est la même violence que pour le réaménagement de la Plaine. En plus, Jean-Claude Gaudin a annoncé devant le conseil municipal son intention de demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. La mairie avait attribué le drame aux fortes pluies tombées sur Marseille les jours précédents. La mairie n’assume pas. Quelle bassesse! quel malheur! L’année 2018 se termine mal à Marseille! Vivement 2020!

Jean Pierre ETIENNE

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