Quelle devise voulons-nous pour notre cité ?

Depuis que je suis arrivé à Marseille, il y a quelques années, j’ai l’occasion d’entendre assez fréquemment la même expression: « Je m’en bats les couilles ». Dans la rue, au travail… à tel point qu’on pourrait croire qu’il s’agit de la devise de notre ville…

Cette expression passée dans le vocabulaire commun nous rappelle la menace à laquelle nous devons faire face: une sorte de repli sur ce qu’il y a de plus irréductible, ses proches, sa propre personne… Elle exprime le lent délitement du lien social qui frappe notre cité malgré l’engagement quotidien de citoyen.nes, d’élu.es, de bénévoles, de fonctionnaires, de travailleurs sociaux ou de la santé, etc. Elle révèle surtout que beaucoup de personnes résignées pensent que les choses ne peuvent pas et ne pourront pas s’améliorer.

L’événement tragique de la rue d’Aubagne nous a toutes et tous plongé.es dans la stupeur, et cette fois-ci, personne ne peut dire qu’il n’en a rien à battre…

D’abord, nos pensées vont aux victimes et à leurs proches. Ensuite, ce drame nous oblige à réagir.

Réagir contre cette majorité municipale qui depuis 25 ans qu’elle est au pouvoir, mène, dans un simulacre de démocratie locale, une politique qui n’est pas à la hauteur des difficultés que notre ville doit surmonter. C’est même parfois le sentiment d’un abandon volontaire que les habitant.es peuvent ressentir dans certains quartiers.

Or, qui peut dire que Marseille ne dispose pas d’atouts bien réels pour rendre la vie meilleure à ses habitant.es? Nous avons tout ce qu’il faut pour le faire. Mais pour cela, nous avons à admettre que le changement ne survient que lorsque des gens ordinaires s’impliquent, participent et se rassemblent pour l’exiger.

Soyons dignes des victimes de la rue d’Aubagne et unissons nos efforts afin d’atteindre un idéal, un intérêt commun, un intérêt plus grand qu’il reste à définir. Malgré nos différences, chacun.e d’entre-nous est l’un.e de ces gardien.nes vigilant.es de notre démocratie locale. C’est ainsi que nous pourrons faire de nouveau cité.

Notre capacité à relever collectivement les défis déterminera notre avenir et celui des générations suivantes. Quelle devise voulons-nous pour notre cité ? Les Marseillaises et les Marseillais ont le pouvoir de répondre à cette question. Hissons-nous à la hauteur de nos prédécesseur.es: Effaçons cette sinistre expression et remplaçons-la par la véritable devise de notre Ville: « Actibus immensis urbs fulget Massiliensis », « La ville de Marseille resplendit par ses hauts faits ».

Pierre Huguet

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