Rue d’Aubagne, du folklore à en pleurer

IMG_0057.jpgPour la 1èrefois en 23 ans de règne sans partage, notre bon vieux maire n’a pu inaugurer la foire aux santons craignant, peuchère, des débordements.

Pour la 1èrefois, peut-être, il s’est rendu rue d’Aubagne en ce triste soir du 5 novembre, pour dire, ce fut sa seule déclaration : « c’est à cause de la pluie ! ».

En cette soirée du 3 novembre, ce fut pour moi sortie classique au cinéma, puis direction le meilleur poisson mafé de Marseille chez « Mama Africa », 57 rue d’Aubagne, c’est un rituel : 13€, prix imbattable ; servis en 1h30, attente record ; odeurs de bouffe assurées…mais que c’est délicieux !

« Mama Africa », c’est l’Afrique et le cosmopolitisme !

Le haut de l’artère sent l’abandon. Le bas tente vainement de se transformer, tout proche de la Canebière et du Vieux-Port : touristes et marseillais en mal d’exotisme s’y pressent, l’Epicerie l’Idéal (Sammut), l’Empereur, chez Blaise ou chez Sauveur font un tabac… une belle occasion de monter les tarifs. Le futur hôtel 4* des Feuillants pointe laborieusement son nez à deux pas du marché Noailles réaménagé…

Depuis des décennies on nous parle d’un plan « Ambition centre-ville », mais à Marseille, on n’est pas pressé, tout continue à se paupériser, ce qui fait les affaires des marchands de sommeil incrédules !

Quel avenir pour ce quartier en péril, le ventre de Marseille, regroupant indigents et vendeurs à la sauvette, où malgré tout les Marseillais du sud et ceux du nord peuvent s’y côtoyer ?

Voyez-vous, en ce sinistre 5 novembre, la messe est dite : 2 immeubles s’écroulent au 63-65, la peur panique, les arrêtés d’insalubrité et de « péril grave et imminent » pullulent ; c’est Beyrouth et le grand désarroi ! 1600 personnes évacuées, immeubles dévastés, habitants perdus et démunis ; ils iront chercher ailleurs un relogement et rejoindront les 40 000 mal-logés, les « sans dents », que compte notre ville, championne de France des inégalités. Beaucoup de délogés auront passé un triste Noël dans un hôtel, faute de mieux.

Oui, plus bas, la vie continue avec son folklore et son marché coloré. En haut, c’est triste à mourir, ville morte, entre poussières, gravats et dégoût.

Est-ce cela le processus de gentrification que nos édiles municipaux tentent insidieusement de mettre en œuvre ? On laisse pourrir les bâtiments, et, hop, forcé on déménage…ou bien on meurt !

Pendant ce temps, indécence suprême, la Présidente du Département met au vote de sa noble assemblée 1 million 800 000 € pour la réfection des vestiaires du cercle des nageurs. Et pas un sou pour une solidarité qui s’imposait.

Au fait, « Mama Africa », elle est venue manifester tous les samedis de novembre, seule, éloignée de son échoppe, les yeux rougis de pleurs et de rage. Dans son silence, colère et amertume, désespoir. Son petit restaurant, son outil de travail, quand va-t-il rouvrir et quand vais-je remanger de son incomparable poisson thieboudienne ?

Michel Tagawa Secrétaire général de Marseille et moi

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