En attendant notre Compte Rendu de la réunion sur l’Urbanisme marseillais, voici une nouvelle contribution sur Marseille après le drame de la rue d’Aubagne.

Heurs et malheurs Marseillais !

Je n’en reviens pas encore de la force avec laquelle la municipalité a imposé son projet de réaménagement de la place Jean Jaurès. Pourquoi couper ces arbres, centenaires pour certains? Quel est ce refus de la municipalité d’écouter l’attente des habitants? Bien entendu, que la place Jean Jaurès doit être réaménagée, mais il y avait peut-être moyen d’ajuster le projet? Non, il n’y a pas eu moyen!

Cette autorité, violente, me ramène au drame de la rue d’Aubagne, où on y voit une autorité larvée : J’avais reçu l’information en fin de matinée : un immeuble du centre-ville de Marseille s’était effondré! Je suis resté abasourdi, comme hébété pendant quelques instants. J’habite à environ 500m à vol d’oiseau de la rue d’Aubagne. Comment cela se peut-il? Effondré! Ce n’est pas normal, ce n’est pas naturel! En fait, il s’agissait de 2 immeubles, l’un vide, inhabité, qui a entrainé dans son effondrement un autre, habité. En reprenant mes esprits, la phrase d’un ancien Maire Marseillais m’est venu à l’esprit :

« la bo-nne vi-lle de Mar-seille! » Avec cet accent fort, puissant, rassurant, protecteur, qui montrait bien qu’il ne fallait rien changer des habitudes des habitants pour qu’ils continuent de ne pas changer leurs habitudes de vote. Voilà le résultat de plus d’un demi-siècle d’immobilisme. Voilà le résultat de vingt années de mauvaise gestion de l’habitat! Car le dossier de l’habitat insalubre et dangereux est connu depuis plusieurs années!

Très rapidement, un jeune homme, copropriétaire dans l’immeuble effondré, est venu parler de sa situation aux journalistes : Il avait acheté un appartement, l’avait remis en état, et le louait. Il n’avait rien d’un marchand de sommeil comme certains médias pouvaient dénoncer. A ce moment, j’ai ressenti un certain soulagement de ne pas faire partie de ces gens, calculateurs, qui comprennent qu’en achetant un appartement peu cher dans le centre-ville, presque insalubre, ou en tous cas vétuste et indigne, ils pourraient le rentabiliser rapidement. S’il n’avait rien d’un marchand de sommeil, il en avait tout de même la démarche. J’ai appris plus tard que l’indécence des logements de cet immeuble avait été noté dans un rapport. Ce qui confirme bien ma perception : le manque d’éthique ne peut réfréner l’appât du gain de certains.

Les jours suivants, le journaliste a égrené le nombre de victimes, d’abord 4 corps ont été dégagés, puis 2 autres, puis encore un autre, et enfin un huitième corps quelques jours plus tard. J’espère seulement que ces personnes n’ont pas souffert. J’imagine des personnes blessées, coincées sous des tonnes de décombres, conscientes ou inconscientes, attendant des secours, voyant la mort venir vers elles, lentement, inexorablement. Quel malheur ! Nous ne connaîtrons peut-être jamais les circonstances exactes de la mort de ces malheureuses personnes. Ont-elles souffert? J’espère que non.

Après l’incompréhension d’un tel drame malgré nos lois et nos institutions du 21° siècle, après la compassion ressentie pour ces innocentes victimes, une bouffée de colère m’envahit. Oui, ces victimes sont innocentes, oui, l’affaire était connue, ces immeubles n’avaient pas de fondation, les murs reposaient simplement sur le sol. Mais surtout, depuis plusieurs années, il avait été constaté la présence permanente d’eau dans les caves de ces immeubles. Alors quoi? là aussi, il faut des morts pour que la société évolue? Dans quelle société vivons-nous? Reconnaissons tout de même qu’il s’agit de choix politiques, car des projets immobiliers, dans Marseille, il y en a eu, il y en a : la transformation de l’Alcazar en bibliothèque municipale, l’aménagement démesurée du stade Vélodrome, l’installation du commissariat dans l’immeuble Noailles (sans aménagement de place de stationnement pour les véhicules de service), le déménagement de la mairie du 1° sur la Canebière, l’aménagement du J4 avec le Mucem, la réhabilitation d’un immeuble en hôtel de luxe… Tous ces dossiers sont de grands dossiers, très personnalisés, certains réussis, d’autres pas. Mais l’entretien de l’habitat existant, âme millénaire de Marseille, n’est pas assuré. Problème d’impôt exige, la ville recherche la gentrification des quartiers du centre-ville : le Panier, le Cours Belsunce, Euroméditerranée et la Joliette, la rue de la République. Mais ça ne vient pas. J’ai l’impression d’un complot mal mené, on laisse les vieux immeubles s’écrouler, et on reconstruira sur les ruines… Je pense que la gentrification d’un quartier répond à d’autres besoins et ne se fait pas sur une table rase. De plus, la gentrification n’est pas la mixité sociale. Cette violence est la même violence que pour le réaménagement de la Plaine. En plus, Jean-Claude Gaudin a annoncé devant le conseil municipal son intention de demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. La mairie avait attribué le drame aux fortes pluies tombées sur Marseille les jours précédents. La mairie n’assume pas. Quelle bassesse! quel malheur! L’année 2018 se termine mal à Marseille! Vivement 2020!

Jean Pierre ETIENNE

Urbanisme marseillais: L’inquiétant envers du décor

L’association «Marseille et Moi» a le plaisir de vous inviter à la conférence-débat :

« Urbanisme marseillais: L’inquiétant envers du décor »

Mercredi 6 mars 2019, 18h30 au Théâtre de l’Oeuvre

(1 rue Mission de France 13001 Marseille – tramway/métro Noailles/Garibaldi)

 

Chacun d’entre nous a ses itinéraires dans la Ville. Raconter sa vie et raconter sa ville sont étroitement associés.

La géographie de la Ville comme le témoigne Marcel Roncayolo dans son dernier ouvrage est une question très personnelle pour chacun d’entre nous.

Marseille se transforme assurément, s’embellit pour la plupart des touristes et des marseillais qui arpentent le front de mer.

Mais cette transformation est-elle satisfaisante pour la majorité des marseillais.e.s?

Le 21ème siècle ne peut se contenter d’une hagiographie des noyaux villageois (111 quartiers) dont on nous rebat les oreilles! La Ville-Métropole doit avoir d’autres ambitions , d’autres objectifs notamment celui de la transition énergétique, de la fluidité des transports, d’un habitat digne, d’un espace public retrouvé.

Le séisme du 5 novembre a montré le fossé  qui sépare la ville d’aujourd’hui à la ville « nécessaire » et pas simplement « rêvée » de demain.

L’habitat indigne est intolérable.

L’absence de vision métropolitaine est flagrante.

La souffrance de centaine de milliers de marseillais.e.s  passe par l’absence d’équilibre et d’équipements entre les quartiers populaires et le reste de la ville.

Pour poursuivre notre réflexion sur Marseille et sa métropole, et préparer 2020, nous avons invité à ce débat :

Francis Ampe, ingénieur, urbaniste, ancien conseiller à la DATAR.

Karima Berriche , membre du Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille.

Jean-François Cerutti, président de l’association: « Un Centre Ville pour tous »

Kevin Vacher, sociologue, militant associatif, membre du collectif du 5 novembre.

Et comme témoins : Claire Poutaraud, architecte « Agir en ville » et Alain Fourest, pionnier de la politique de la ville

 

Nous vous attendons nombreux au Théâtre de l’Oeuvre. L’entrée est libre et un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

Aldo Bianchi (Président), Michel Tagawa (Secrétaire général).

Quelle devise voulons-nous pour notre cité ?

Depuis que je suis arrivé à Marseille, il y a quelques années, j’ai l’occasion d’entendre assez fréquemment la même expression: « Je m’en bats les couilles ». Dans la rue, au travail… à tel point qu’on pourrait croire qu’il s’agit de la devise de notre ville…

Cette expression passée dans le vocabulaire commun nous rappelle la menace à laquelle nous devons faire face: une sorte de repli sur ce qu’il y a de plus irréductible, ses proches, sa propre personne… Elle exprime le lent délitement du lien social qui frappe notre cité malgré l’engagement quotidien de citoyen.nes, d’élu.es, de bénévoles, de fonctionnaires, de travailleurs sociaux ou de la santé, etc. Elle révèle surtout que beaucoup de personnes résignées pensent que les choses ne peuvent pas et ne pourront pas s’améliorer.

L’événement tragique de la rue d’Aubagne nous a toutes et tous plongé.es dans la stupeur, et cette fois-ci, personne ne peut dire qu’il n’en a rien à battre…

D’abord, nos pensées vont aux victimes et à leurs proches. Ensuite, ce drame nous oblige à réagir.

Réagir contre cette majorité municipale qui depuis 25 ans qu’elle est au pouvoir, mène, dans un simulacre de démocratie locale, une politique qui n’est pas à la hauteur des difficultés que notre ville doit surmonter. C’est même parfois le sentiment d’un abandon volontaire que les habitant.es peuvent ressentir dans certains quartiers.

Or, qui peut dire que Marseille ne dispose pas d’atouts bien réels pour rendre la vie meilleure à ses habitant.es? Nous avons tout ce qu’il faut pour le faire. Mais pour cela, nous avons à admettre que le changement ne survient que lorsque des gens ordinaires s’impliquent, participent et se rassemblent pour l’exiger.

Soyons dignes des victimes de la rue d’Aubagne et unissons nos efforts afin d’atteindre un idéal, un intérêt commun, un intérêt plus grand qu’il reste à définir. Malgré nos différences, chacun.e d’entre-nous est l’un.e de ces gardien.nes vigilant.es de notre démocratie locale. C’est ainsi que nous pourrons faire de nouveau cité.

Notre capacité à relever collectivement les défis déterminera notre avenir et celui des générations suivantes. Quelle devise voulons-nous pour notre cité ? Les Marseillaises et les Marseillais ont le pouvoir de répondre à cette question. Hissons-nous à la hauteur de nos prédécesseur.es: Effaçons cette sinistre expression et remplaçons-la par la véritable devise de notre Ville: « Actibus immensis urbs fulget Massiliensis », « La ville de Marseille resplendit par ses hauts faits ».

Pierre Huguet

Pouvons nous dire que nous ne savions pas ?

IMG_0055Est-il possible de dire que nous avons été surpris par ce terrible drame ? Pouvons nous dire que nous ne savions pas ? J’ai le sentiment que « tout le monde » savait mais que personne ne voulait vraiment voir.

Bien sur, je ne savais pas dans quel était l’état réel des immeubles qui se sont effondrés et de ceux des alentours mais je savais que des gens y vivaient dans des conditions insalubres voire dangereuses et ce dans l’indifférence quasi-générale des Marseillais. Je vivais avec, je n’étais pas vraiment concerné, c’était loin de chez moi et de mon confort.

Le 5 Novembre 2018, tout a basculé. D’abord, il ne faut pas l’oublier, il y a eu 8 victimes: Simona, une étudiante italienne de 30 ans, Niasse, un Sénégalais de 26 ans, Fabien, un artiste-peintre de 54 ans, Ouloume, une mère de famille de 55 ans, Chérif, un Algérien de 36 ans, Taher, un Tunisien de 58 ans, Marie-Emmanuelle, une femme de 55 ans et Julien, un homme de 30 ans. Ça a basculé pour l’immense majorité des Marseillais qui ont été surpris et choqués.

Je ne peux plus me cacher la vérité et j’ai honte pour ma ville. J’en ai assez que tout ce qui s’y passe soit si négatif et que ça s’y passe dans l’indifférence complice des autorités et des citoyens. J’ai honte de ce que nous ne faisons pas. J’en ai assez de ce que je ne fais pas.

Car enfin, comment ai-je pu vivre avec cette scandaleuse situation en plein centre ville ? Maintenant c’est impossible de faire comme si l’on ne savait pas qu’il y a d’autres situations tout aussi graves ailleurs dans Marseille ?  Toutes, où qu’elles se trouvent dans Marseille doivent être éradiquées très vite dans le respect des habitants.  Je veux aussi m’intéresser beaucoup plus à ces quartiers : en centre-ville,  dans les quartiers nord et d’autres s’il y en a, dire haut et fort que ça n’est plus tolérable, être plus présent physiquement dans ces endroits afin de mieux les connaître, de ne pas les oublier et de contribuer à les faire évoluer.

Cette situation est-elle la conséquence d’une politique délibérée de gentrification des quartiers définie par la municipalité? C’est possible et si c’est le cas ce serait inacceptable car elle aura couté 8 vies et ces vies ne sont pas des numéros. Ce sont des hommes et des femmes dont les visages et les noms hanteront longtemps ceux qui sont les responsables de ce drame. Est-elle aussi la conséquence de l’incurie des autorités, au premier plan des quelles le maire et la mairie? C’est possible aussi et c’est tout aussi inacceptable au vu de ces conséquences dramatiques. Ça les disqualifie pour longtemps.

Une fois la crise avérée, les autorités auraient du la gérer correctement. Cela n’a pas été le cas et ça ne l’est toujours pas. Ça frise l’amateurisme et ça sent la panique sinon le mépris. Heureusement des associations et des ONG font un travail remarquable mais il n’est pas possible de leur laisser faire seules la plus grande partie du travail. Il est urgent que les personnes qui ont été expulsées de leurs logements soient bien relogées, d’utiliser tout l’arsenal législatif existant et de prendre toutes les initiatives possibles pour le faire en accord avec elles.  Il faudra aussi mettre fin aux loyers scandaleux demandés à des personnes en situations de faiblesse par des propriétaires peu scrupuleux.

Mais il n’est pas question que l’affaire s’en arrête là. Il faut aussi dès maintenant, c’est à dire sans attendre la prochaine campagne des élections municipales de 2020, élaborer une vraie politique du logement dans Marseille et la métropole.  Cette politique devra respecter les habitants et être élaborée en les consultant. Il s’agit de restaurer la dignité des logements et des quartiers concernés. A ce titre, le permis de louer semble un bon outil qui semble avoir fait ses preuves ailleurs. Le problème ne pourra pas être le budget. Si c’est nécessaire, l’argent sera pris dans d’autres lignes budgétaires, là où il est moins nécessaire (subventions aux clubs ou associations déjà fort riches, travaux moins importants ou de confort en ville, train de vie des collectivités, etc …).

Faisons de ce drame horrible une opportunité afin que Simona, Niasse, Fabien, Ouloume, Cherif, Taher, Marie-Emmanuelle et Julien ne soient pas morts pour rien et qu’il n’y en ait pas d’autres.

Alain Brunello

Fermer les yeux mais rester allumé

Oui, le 5 novembre 2018 a bien eu lieu. 8 personnes décédées n’auront pourtant pas suffi à faire (ré)agir les responsables politiques municipaux. Si le silence et la fausse compassion des premiers instants furent assourdissants, leur inaction n’en est pas moins effroyable.

Aujourd’hui, alors que près de 2000 personnes sont à la rue, une majorité d’élu(e)s supposée représenter les Marseillais voudrait nous faire croire que tout va bien. Les délogés sont heureux, bien nourris et se déplacent facilement. Ils jouissent d’un quotidien de vie très agréable et peuvent dire « merci ».

Bien sûr, ceux qui pensent que non, tout va mal, rien n’évolue dans le bon sens, ne sont qu’une minorité cherchant à prendre le pouvoir. Ceux-là même qui se réveillent en observant que la politique de rénovation urbaine du centre-ville de Marseille n’est pas une priorité. La promotion immobilière demeure reine en sa ville. Les notables continuent aisément à se répartir le gâteau. Les bougies restent grand allumées. Le feu n’est pas près de s’éteindre à Marseille.

Eva Talha

Prochaine Audition-Débat organisé par Marseille et moi

«Marseille et Moi» a le plaisir de vous informer que sa prochaine Audition débat sur «L’Urbanisme à Marseille» est prévue le 6 mars 2019 à 18h30 au théâtre de l’œuvre à Marseille et vous remercie de réserver cette date dans vos agendas.

Nous vous attendons nombreux au 1 Rue Mission de France 13001 Marseille (Tramway Noailles  ou Canebière Garibaldi; Métro Noailles).

Aldo Bianchi Président de Marseille et moi

Marseille sans toi(t).

Un trou béant dans l’alignement des façades, des contreforts barrant  les trottoirs, des rues interdites à la circulation et, à deux pas de la rue d’Aubagne, la plus grande place publique de la ville, la si bien nommée Plaine, disparaissant derrière des murs en béton pour protéger la réalisation de travaux d’aménagement contestés. Des affiches ont immédiatement  opéré un rapprochement  soulignant l’ampleur des fonds alloués au réaménagement contesté de la Plaine, comparée à l’état d’abandon des logements de Noailles.  Pourquoi rapprocher ces événements, au-delà de leur proximité spatiale et temporelle ?

Les maisons, les rues, les places, forment un ensemble qui s’appelle une ville. Le logement, fût-il privé, n’est pas plus dissociable de la rue que chacun d’entre nous ne l’est de la ville où il vit, qu’il habite (et qui l’habite).  Cette relation d’habitation est au coeur de la démarche de notre association. Elle est indiquée  dans son nom, Marseille et moi qui ne marque pas une juxtaposition mais une profonde intrication.

La ville délimite et articule des espaces privés et des espaces publics. Un toit pour abriter sa vie, des murs pour se retirer du regard, et la rue, la place pour se déplacer et se voir, être vu et se rencontrer. Subitement, en ces jours sombres de novembre cet ordre de l’urbanité s’est renversé sous nos yeux, produisant un double malaise. Celui de voir l’intérieur des maisons effondrées, de voir ce qu’il restait d’intimité abritée, bribes de papier peint, vestiges d’un dedans maintenant retourné comme un gant,  exposé sans vergogne.  Invisibilité violée et vie anéantie  par cela même qui devait la protéger. Malaise inverse sur la Plaine, celui de ne plus voir, de ne plus voir au loin, d’être empêché de voir. L’horizon habituel de ces lieux largement ouverts  à tous est obturé  par ces murs en béton érigés en toute hâte. Le regard vient douloureusement s’y briser. Visibilité détruite et vie commune empêchée.

La place publique emmurée et, à côté, les maisons éventrées sont également désertes et désolées. J’éprouve, en parcourant ces rues ces jours-là, le sentiment d’une ville devenue incapable de fournir les conditions élémentaires d’une habitation humaine, le toit d’une maison et la place d’une rencontre : Marseille, sans toit ni toi.

C’est la vocation de notre association  que  de contribuer à reconstruire ce lien entre Marseille et chacun, pour retrouver le sens de l’habitation urbaine dans notre ville. Il ne s’agit rien moins que de ménager les conditions d’une vie humaine, digne et libre.

François Maurice

Passant qui passe

Passant qui remonte la rue de Lodi pour aborder le «plateau» de Marseille. Cette Colline composite qui réunit les villages de Noailles, de jean Jaurès et du cours Julien.

Dos à l’église Notre Dame du Mont et face au parvis, regarde.

Tourne ta tête à droite vers le soleil levant. Ton regard, au-delà de la rue Saint Michel a pour limite… Un mur. Honteux comme tous les murs qui divisent.

C’est le mur de la plaine. Un demi-kilomètre sur 2,50 m de hauteur de béton autours de la plus grande place de Marseille et d’un ancien marché qui accueillait 10 000 visiteurs 3 fois la semaine. Place désormais confisquée pour deux ans et demi de travaux arboricide, place fortifiée afin de protéger les coups de menton d’une mairie qui construit des murailles pour se protéger de la vie, pour punir ses soubresauts et qui regarde des maisons s’écrouler…

Passant. Face à toi, le dos toujours collé à l’église de la visitation, regarde vers le nord et vers la rue d’Aubagne. A 500 mètres de là ou 8 de mes voisins ont été ensevelis le 5 novembre dernier. La même  mairie, constructrice de mur a 390 000 euros, plaidait que c’est à cause du mauvais temps que 3 immeubles se sont écoulés comme château  de cartes, ce matin-là, un peu avant 9 heures.

Passant qui passe sur ma  colline, sens tu la peine, la frustration et la colère d’un quartier?

Quartier de vie. Quartier de ville. Quartier de centre-ville. Victime d’un pouvoir centré sur son nombril, inconséquent, inconsistant qui rêve de déplacement et de ruissellement.

Passant qui passe, comment ça va chez toi?

Jacques Bernard

Á Marseille, le choix entre taudis/godillots et châteaux/souliers vernis.

C’est avec l’assurance du travail bien fait que les services de l’enfance ont délivré l’autorisation d’ouvrir une mini-crèche au 64 rue d’Aubagne. Les bébés et leurs parents étaient accueillis le samedi 3 novembre dans ses tout nouveaux locaux pour une matinée portes ouvertes. Cette crèche Montessori, située en face du numéro 63, avait programmé son accueil « courant  novembre ». Pas l’ombre d’un doute pour les services du département, ignorant les alertes qui agitaient la rue d’Aubagne et ses habitants, dont huit ont perdu la vie.

Les immeubles voisins ont été évacués et la crèche est restée porte close.  La faute à la poussière de l’habitat dégradé passée sous le tapis de l’inconscient des pouvoirs publics. De leur aveuglement, déni, volonté d’effacement des difficultés de Marseille et de leur seul credo : faire sortir de terre de nouvelles habitations. Au diable la misère pourvu qu’on ait l’ivresse du neuf.

Ambition centre-ville, suite

Sans rougir de l’oxymorique « Ambition Centre-ville », département, métropole et ville de Marseille poursuivent le projet de « transformation » du centre-ville. Á peine deux mois après le drame de la rue d’Aubagne, le volet Requalification des espaces publics du centre-ville de Marseille est présenté avec satisfaction par le président du territoire Marseille*. Vous allez voir ce que vous allez voir, l’heure est venue du « partage de l’espace public en faveur des piétons, d’un vaste espace cohérent et lisible propice à la déambulation ». Car les objectifs sont de « développer la piétonisation et faciliter les modes de déplacement doux », « organiser des espaces piétons plus confortables ».

60 millions d’euros pour la requalification de quelques axes

L’ivresse du neuf refait surface. Du neuf, du visible, du coûteux. Le département met 60 millions d’euros dans la corbeille de Marseille pour la requalification de 22 hectares de surfaces piétonne.

Mais la délivrance du triste sort réservé aux piétons, bébés en poussettes et personnes à mobilité réduite dans le périmètre d’Ambition centre-ville Marseille n’est pas dans ce projet.

Oui, quelques axes brilleront, pour notre bonheur marseillais et ceux des touristes. Mais les espaces alentours du maillage des rues heureuses élues resteront en l’état, sans projet d’amélioration des trottoirs marseillais, inconfortables, souvent impraticables. Et hors règlementation, comme le collectif Piéton à Marseille alerte la mairie de Marseille, la métropole et son équipe Ambition centre-ville depuis bientôt trois ans.

Paradis des piétons : un rendez-vous raté

L’occasion était pourtant belle de porter l’ambition sur la totalité des 23 secteurs d’interventions et de penser à faible coût la mise en conformité des trottoirs. Pas pour demain la largeur minimale de 1m40 de cheminement piétonnier ; ni -pour les rues étroites- des zones de rencontre où sont prioritaires cyclistes et piétons sur des véhicules limités une vitesse de 20 km heure. Oubliés les objectifs du Plan de Déplacement Urbain 2013 de «supprimer les arrêtés marseillais autorisant la pratique du stationnement à cheval sur le trottoir».

Le spectaculaire et objet de communication ont été préférés à une restructuration pour tous les piétons. Ce qui ne brille pas est indigne de l’intérêt des élus marseillais.

Martine Bigot (Collectif Piéton à Marseille de l’association 60 millions de piétons)

*La concertation auprès des marseillais est en cours et prendra fin le 5 février 2019. Rendez-vous dans les mairies des secteurs 1/7, 2/3 ou dans les locaux de la métropole Aix-Marseille Provence au Pharo pour contribuer à la prise en compte de tous les piétons.

Une ville et un peuple

Il faut relire Albert Londres, pour comprendre d’où vient Marseille et tenter de savoir où elle va. Le grand reporter a découvert la ville en 1927 et a raconté dans un récit vif – «Marseille porte du sud» – son emballement. Il a eu dans ces pages un grand mérite : décrire la complexité, la richesse, le foisonnement, le cosmopolitisme, les contrastes, les audaces, les évidences d’une ville semblable à beaucoup d’autres en Méditerranée et néanmoins si singulière.

Pour nourrir sa plume, qu’il recommandait de porter jusque dans la plaie, il use d’abord de ses papilles car la ville est une gourmandise qu’il faut savoir débusquer puis déguster. «Me voici rue Noailles. Je vois passer une charmante promeneuse, je lui dis bonjour ! Elle était pressée. Alors, elle me renvoie Arrivederchi ! ce qui veut dire, «au revoir !» … à Rome». Le petit palais du XVIIème siècle, qui sert d’hôtel de ville, tourne le dos au Panier, ne distingue que l’embouchure de la Canebière, et ignore tout des quartiers qui, de rues en cours, s’empilent jusqu’à La Plaine. Les voix qui s’entrechoquent, s’épousent, se repoussent, se retrouvent, de marchés en échoppes, de terrasses en fenêtres, ne sont plus audibles pour celui qui règne, depuis un quart de siècle, sur la «deuxième ville de France».

Jean-Claude Gaudin n’a sans doute pas lu avec grande attention Albert Londres, comme il ne s’est pas attardé outre mesure sur l’actualité quotidienne de sa ville. A feuilleter ses mandats successifs et à décrypter sa politique locale, ses fulgurantes réussites et ses abyssales béances, il y a fort à parier que l’ancien professeur d’Histoire se retrouve plus volontiers dans la prose d’un Marseillais au moins aussi célèbre que lui, Adolphe Thiers. Celui qui fut un éphémère président de la République, tout dévoué à une caste affairiste, affirmait que «la science de gouverner est toute dans l’art de dorer la pilule». On était alors à des années lumières de ce que recommandait, pour la démocratie, Abraham Lincoln «le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple».

Parce que le système l’y a encouragé, à commencer par la loi PLM (Paris Lyon Marseille), Gaudin a spéculé sur le morcellement en secteurs de sa ville, pour accéder au pouvoir puis s’y maintenir. Dans ce poker menteur-là, les voix de son camp suffisaient, avec quelques petits arrangements sous le tapis, pour rafler la mise. Dès lors il suffisait de promettre la lune, sans être obligé de la décrocher. Ceux qui devaient prospérer se rallièrent à son étendard et, à défaut de panache, un écran de fumée immobilière, quelques aménagements urbains et une communication échevelée, serviraient d’alibi comme dans le bon vieux temps. Mais le retour d’investissement n’a finalement concerné que ceux qui avaient souscrit au denier du culte de Gaudin. Les autres, soit une grande majorité de Marseillais, ont été priés d’attendre et de souffrir en silence. En ce funeste mois de novembre 2018, avec les murs, c’est tout un misérable petit système qui s’est lézardé. La poussière des décombres de la rue d’Aubagne, a exhalé un parfum putride. Les inégalités, les injustices, les manquements, les tromperies, les scandales, les complicités, les abus, le mensonge… sont venus grossir la facture morale qu’aujourd’hui un peuple en colère présente à ses débiteurs. Il faudra plus que des regrets pour régler cette dette.

Par Hervé Nedelec

Vous avez tout, et ce tout se compose du rien des autres.

 Que dire, qu’écrire après ce 5 novembre 2018, après l’écroulement des taudis insalubres de la rue d’Aubagne emportant dans leur chute, avec  les matériaux pourris qui les portaient, des vies au nombre de 8 selon la presse et peut être davantage au cas où un anonyme, ou plusieurs,   se seraient clandestinement infiltrés,  le temps d’une nuit, choisissant un abri qui serait leur linceul ?

Car, au-delà du sentiment de sidération, d’indignation et de révolte, au-delà de la solidarité toujours plus nécessaire et inventive dans son expression,  c’est bien cette question qui ne cesse de me tarauder : « combien d’oubliés parmi les oubliés ? » … comme si le nombre officiel de victimes déjà bien trop nombreuses, ne suffisait pas à condamner l’association de malfaiteurs sédentarisés dans leur bunker de la mairie, celle qui gère depuis trop longtemps notre ville, au mépris des droits les plus élémentaires de ceux qui y vivent.

Car ce  qui fait force dans ces quartiers pauvres et délaissés, c’est bien la faculté d’adaptation, ce réflexe reptilien qui permet de résister au pire en faisant du « rien » une ressource, en tirant de ce « rien » de la solidarité et du commun…

Alors qui étaient-ils ces réfugiés de la misère, migrants, sdf ou fugueurs, tous anonymes ? Combien étaient-ils à échapper au comptage, ces noms qui ne seront jamais cités dans un prétoire et qui de fait, manqueront à l’appel de notre justice et de notre mémoire… ?

Fiction ou réalité ? Parano post-traumatique ? Qu’importe … notre  confiance citoyenne,  pour l’heure, en a pris un sacré coup !

Et comme dans chaque délire réside une part de lucidité, accrochons-nous à la nécessité d’objectiver, de nous dire que seuls les faits sont têtus.

De cette injonction faite à nous-mêmes découle une certitude : à la liste des victimes incomplète s’ajoute celle des accusés absents !

Car, à côté des branquignoles criminels qui constituent l’équipe municipale et pour que justice soit rendue à tous les morts, doivent indissociablement figurer tous ceux qui, depuis trop longtemps aux affaires de l’état ont mis en place des politiques volontairement créatrices d’inégalité, de fracture  et de misère avec pour seul alibi, la vocation illusoire de s’opposer à ce qu’ils, inévitablement,  favorisent : la montée de l’extrême droite.

Pour terminer,  pour valider l’interdépendance de la fiction et du réel, qui elle aussi est le propre de l’homme et en hommage à TOUTES les victimes de la rue d’Aubagne, je citerai Hugo et un fragment du discours de Gwynplain à la Chambre des Lords (L’Homme qui rit) :

 «  …Et apostrophant Gwynplaine avec hauteur :

  • Qui êtes-vous ? d’où sortez-vous ?

Gwynplaine répondit :

  • Du gouffre.

Et, croisant les bras, il regarda les lords.

  • Qui je suis ? Je suis la misère. Mylords, j’ai à vous parler.

II y eut un frisson, et un silence. Gwynplain continua.

  • Mylords, vous êtes en haut.

C’est bien. Il faut croire que Dieu a ses raisons pour cela. Vous avez le pouvoir, l’opulence, la joie, le soleil immobile à votre zénith, l’autorité sans borne, la jouissance sans partage, l’immense oubli des autres.

Soit. Mais il y a au-dessous de vous quelque chose. Au-dessus peut-être. Mylords, je viens vous apprendre une nouvelle. Le genre humain existe….

… Mylords, vous êtes les grands et les riches. C’est périlleux. Vous profitez de la nuit. Mais prenez garde, il y a une grande puissance, l’aurore.

L’aube ne peut être vaincue. Elle arrivera. Elle arrive. Elle a en elle le jet du jour irrésistible. Et qui empêchera cette fronde de jeter le soleil dans le ciel ? Le soleil, c’est le droit. Vous, vous êtes le privilège. Ayez peur. Le vrai maître de la maison va frapper à la porte. Quel est le père du privilège ? Le hasard. Et quel est son fils ? L’abus. Ni le hasard ni l’abus ne sont solides. Ils ont l’un et l’autre un mauvais lendemain. Je viens vous avertir. Je viens vous dénoncer votre bonheur. Il est fait du malheur d’autrui. Vous avez tout, et ce tout se compose du rien des autres. »

Jacqueline Vesperini

Rue d’Aubagne

Les drames de cette nature, et celui de la rue d’Aubagne est le plus terrible qu’ait connu Marseille depuis l’incendie des Nouvelles Galeries, sont toujours révélateurs de quelque-chose. Impéritie, incompétence, arrogance… Un peu, ou beaucoup, de tout cela sans doute. Il est inutile d’épiloguer tant on pourrait répéter à satiété, rapports à l’appui (Nicol, mai 2015), que la situation des 40 000 logements indignes était archi-connue, et l’état de dangerosité, pour la santé et la sécurité de 100 000 marseillais, depuis longtemps pointé du doigt.

Ce qui frappe en revanche, car, après tout, le pire ne devrait pas être toujours sûr, est que la « gestion de crise » a été, si l’on peut dire, à la hauteur des conditions ayant conduit aux effondrements. Impréparation, certainement. Affolement. Gêne aussi parfois (mais si peu durable lorsque l’on apprend que les marchants de sommeil sont quelques marseillais bien établis, dont quelques élus des majorités locales). Mais aussi, et peut-être surtout, continuation d’une politique de mépris des autres, de certains autres, et d’apartheid social. Evacuations brutales, condition approximative de logement, ou choix donné de déménager loin du centre, on devine dans quels arrondissements. Dans l’illégalité le plus souvent, c’est-à-dire sans que les arrêtés de péril aient été pris. Sans même l’écoute minimale à laquelle toute victime a droit.

Hoquets ultimes d’une fin de règne douloureuse, dira-t-on. Il est à craindre que ce ne soit pas si simple. Bien sûr, le diagnostic est aisé. Clientélisme municipal, cogestion avec une bureaucratie syndicale, vision purement électoraliste de la gestion, l’élection par secteurs générant une politique favorable à ceux qui votent bien ou qui font la bascule, et tant pis pour les autres. Car tandis qu’ailleurs les gros chantiers profitent toujours aux mêmes (Vinci, Véolia, Bouygues et consorts), on ne peut que constater l’état d’abandon de quartiers entiers, écoles, habitat, poubelles qui débordent, équipements défaillants, stations de métro que l’on attend toujours…Faut-il s’en contenter ? Se dire que le système est épuisé et tombera de lui-même ? C’est qu’il s’agit justement d’un système. Dans lequel on ne mesure pas à sa véritable aune la somme d’habitudes, de tolérance, de fatalisme, de lâche et confortable complicité à la forme d’immobilisme et d’autosatisfaction qu’il finit par produire. Système qui en dépit de ses défauts, ou peut-être aussi à cause de quelques-uns d’entre eux, perdure encore. Sans doute aussi parce que les alternances proposées n’ont pas été suffisamment attractives.

La question demeure donc, que faire pour en sortir ? Car, il ne faut pas s’y tromper, la majorité actuelle, qui a, par la force des choses, avant même la fin de son mandat, fait une croix sur Gaudin, essaiera, sauf rare exception, de s’exonérer de sa gestion. Et que l’on ne peut exclure, faute toujours d’alternance crédible et à raison aussi de la division des adversaires, que cela s’avère suffisant, au moins dans une majorité de secteurs. D’autant que cette majorité sortante saura se réunir sur ce qui est pour elle l’essentiel, se perpétuer. Et que l’on ne voit pas pour l’instant le projet, les groupe ou partis, et encore moins la personnalité, capables d’incarner tout cela.

Mais, si la nature a bien horreur du vide, il n’est pas exclu que celui-ci puisse être comblé. L’espace ne manque pas, à la gauche de la mouvance gaudinienne. Pour toutes les volontés qui voudraient bien s’y atteler, dépassant, les préjugés, les oukases et, si possible, les egos. Pourquoi n’y aurait-il pas une initiative partant de quelques associations citoyennes, qui, sur la base d’une première plateforme, proposeraient rencontres, débats puis construction d’un projet, avec tous ceux qui, que la structure en soit de partis ou d’associations, participeraient du même objectif. Autour de deux ou trois idées forces, sinon même une seule, mettre fin à la fracture sociale et territoriale qui fracture cette ville. Ce que l’on peut décliner ensuite sur tous les aspects d’une gestion urbaine et métropolitaine. Si le projet existe, le reste devrait venir ensuite, y compris les femmes et les hommes susceptibles de le porter. Et pourrait être la meilleure réponse à donner à la forme d’immobilisme et d’arrogance qui nous gouverne depuis trop longtemps.

Gilbert Orsoni – Doyen honoraire de la Faculté de Droit et de Science Politique d’Aix-Marseille

Rue d’Aubagne, du folklore à en pleurer

IMG_0057.jpgPour la 1èrefois en 23 ans de règne sans partage, notre bon vieux maire n’a pu inaugurer la foire aux santons craignant, peuchère, des débordements.

Pour la 1èrefois, peut-être, il s’est rendu rue d’Aubagne en ce triste soir du 5 novembre, pour dire, ce fut sa seule déclaration : « c’est à cause de la pluie ! ».

En cette soirée du 3 novembre, ce fut pour moi sortie classique au cinéma, puis direction le meilleur poisson mafé de Marseille chez « Mama Africa », 57 rue d’Aubagne, c’est un rituel : 13€, prix imbattable ; servis en 1h30, attente record ; odeurs de bouffe assurées…mais que c’est délicieux !

« Mama Africa », c’est l’Afrique et le cosmopolitisme !

Le haut de l’artère sent l’abandon. Le bas tente vainement de se transformer, tout proche de la Canebière et du Vieux-Port : touristes et marseillais en mal d’exotisme s’y pressent, l’Epicerie l’Idéal (Sammut), l’Empereur, chez Blaise ou chez Sauveur font un tabac… une belle occasion de monter les tarifs. Le futur hôtel 4* des Feuillants pointe laborieusement son nez à deux pas du marché Noailles réaménagé…

Depuis des décennies on nous parle d’un plan « Ambition centre-ville », mais à Marseille, on n’est pas pressé, tout continue à se paupériser, ce qui fait les affaires des marchands de sommeil incrédules !

Quel avenir pour ce quartier en péril, le ventre de Marseille, regroupant indigents et vendeurs à la sauvette, où malgré tout les Marseillais du sud et ceux du nord peuvent s’y côtoyer ?

Voyez-vous, en ce sinistre 5 novembre, la messe est dite : 2 immeubles s’écroulent au 63-65, la peur panique, les arrêtés d’insalubrité et de « péril grave et imminent » pullulent ; c’est Beyrouth et le grand désarroi ! 1600 personnes évacuées, immeubles dévastés, habitants perdus et démunis ; ils iront chercher ailleurs un relogement et rejoindront les 40 000 mal-logés, les « sans dents », que compte notre ville, championne de France des inégalités. Beaucoup de délogés auront passé un triste Noël dans un hôtel, faute de mieux.

Oui, plus bas, la vie continue avec son folklore et son marché coloré. En haut, c’est triste à mourir, ville morte, entre poussières, gravats et dégoût.

Est-ce cela le processus de gentrification que nos édiles municipaux tentent insidieusement de mettre en œuvre ? On laisse pourrir les bâtiments, et, hop, forcé on déménage…ou bien on meurt !

Pendant ce temps, indécence suprême, la Présidente du Département met au vote de sa noble assemblée 1 million 800 000 € pour la réfection des vestiaires du cercle des nageurs. Et pas un sou pour une solidarité qui s’imposait.

Au fait, « Mama Africa », elle est venue manifester tous les samedis de novembre, seule, éloignée de son échoppe, les yeux rougis de pleurs et de rage. Dans son silence, colère et amertume, désespoir. Son petit restaurant, son outil de travail, quand va-t-il rouvrir et quand vais-je remanger de son incomparable poisson thieboudienne ?

Michel Tagawa Secrétaire général de Marseille et moi

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Nous entamons aujourd’hui la publication sur notre site , et par retombée sur notre compte Face-Book, des nombreuses contributions reçues à la suite du drame de la rue d’Aubagne.
Ces contributions témoignent de la colère, de l’émotion, de l’incompréhension ressenties le 3 novembre 2018 par la plupart des marseillais.
Certains accusent, d’autres analysent, d’autres enfin poétisent, mais toutes et tous ont la gorge nouée à l’évocation des 8 habitant.e.s écrasé.e.s par les décombres de l’effondrement des immeubles sis aux 63 et 65 de la rue.
C’est une des plus familières rues de Marseille,  qui part de la place Notre Dame du Mont  – exactement de la place Paul-Cézanne-, franchit par un pont le cours Lieutaud et  rejoint la Canebière ou plus précisément la rue des Récolettes.
Durant le mois qui vient, nous  donnons la parole à tous celles et ceux qui ont voulu témoigner.
Aldo Bianchi, président de « Marseille et moi »

Prochaine Audition-Débat mercredi 13 juin à 18h30 à La Boate : Marseille est-elle encore gouvernée ?

L’association « Marseille et Moi » a le plaisir de vous inviter à la dernière conférence-débat avant la pause estivale :

« Marseille est-elle encore gouvernée ? »

15 ans après leur incontournable « Gouverner Marseille »(éditions La découverte), Michel Peraldi et Michel Samson viennent nous visiter pour « refaire le match » et tenter d’actualiser leurs analyses et leurs visions de notre ville.

Le « système Defferre » est à bout de souffle, perpétué par ses successeurs Robert Vigouroux et Jean-claude Gaudin. Passera-t-il la main à l’aube de la nouvelle Métropole ?

Les recettes clientélistes et la capacité de tenir des réseaux céderont-ils  face à une société civile de plus en plus méfiante voire hostile aux acteurs politiques ?

Nos deux amis, anthropologue et journaliste, nous dresseront un tableau du monde politique et des « acteurs de la ville » actuels pour y déceler la future nouvelle gouvernance…c’est du moins ce que chacun de nous espère.

Entrée libre

Nous vous attendons nombreux à 18h30 à la Boate , 35 rue de la Paix Marcel Paul, 13001 Marseille (escaliers à l’angle du Cours d’Estienne d’Orves et de la rue Sainte). 

Un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

                                                    Aldo Bianchi – Michel Tagawa

Prochaine Audition-Débat sur l’école le 23 mai

INVITATION AU DEBAT

mercredi 23 mai 2018
18h30 à La Boate 

L’association « Marseille et Moi » a le plaisir de vous inviter à une conférence-débat sur l’école.

18 mois après un débat sur l’école qui posait la question du respect des valeurs républicaines, nous revenons sur le sujet avec un nouvel angle d’étude.

  1. La municipalité envisage de confier au « privé »la construction et la gestion de nos écoles primaires et maternelles, ce désengagement de sa responsabilité est il acceptable?
  2. Les inégalités sont au cœur du système scolaire français; les réformes se succèdent mais l’origine sociale semble plus que jamais déterminante pour l’avenir des enfants.
    Comment construire un paradigme éducatif qui relève le défi de l’égalité à l’école?
    Pour traiter de ces deux thèmes, « les murs et dans les murs », nous avons invité deux personnalités engagées : Gérard Perrier, professeur émérite, et Alain  Beitone, professeur de sciences économiques et sociales.

Entrée libre

Nous vous attendons nombreux à la Boate, 35 rue de la Paix Marcel Paul, 13001 Marseille (escaliers à l’angle du Cours d’Estienne d’Orves et de la rue Sainte).

Un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre. 

                                                    Aldo Bianchi – Michel Tagawa

Laurent Mucchielli refait le film de la vidéo-surveillance

Directeur de recherche au CNRS, Laurent Mucchielli, qui enseigne la sociologie de la délinquance à l’université d’Aix-Marseille, est venu bousculer une idée reçue – ou manipulée – qui fait de la vidéo-surveillance le nec plus ultra de la lutte contre la délinquance. Les membres de « Marseille et moi » étaient, ce mercredi 14 mars, d’autant plus attentifs à ses propos, que nombre d’entre eux vivent dans des quartiers où les actuels dirigeants marseillais ont installé ces yeux électroniques. Ils sont censés remplacer l’injonction du crieur public disparu, demandant naguère, en mouchant quelques réverbères, « aux braves gens » de « dormir tranquille ».

Le chercheur a mené pour étayer son impeccable démonstration une longue enquête à Marseille, dans d’autres villes ou villages. Il a comparé, bien évidemment, pour dénoncer ces « écrans de fumée », l’investissement souvent très lourd consenti par les collectivités et les effets supposés dans la lutte contre les crimes et délits.

On s’amusera, comme il l’a fait ce soir-là à La Boate, de ces villages quasi dépeuplés – il cite Baudinard-sur-Verdon – où les édiles ont osé installer, sans craindre le ridicule, une floppée de caméras pour une poignée d’habitants : à Baudinard 13 pour 156 habitants. On imagine aisément l’ambiance de suspicion qui règne dans les chaumières.

A une autre échelle, Laurent Mucchielli porte sa plume dans la plaie, avec Mega City une ville qui ressemble, avec ses 860 000 habitants, à s’y méprendre, à Marseille. Au passage, il balaie d’un revers de chiffre, la mauvaise réputation de la ville portuaire. Elle s’appuie sur des données de la délinquance quantitativement élevées, mais absolument pas exceptionnelles, comme souhaiteraient en attester certains tenants du tout sécuritaire. En 2016, ce ne sont pas moins de 816 caméras qui sont implantées dans la ville qui, le précise l’universitaire, s’est résolue, avec retard, à mettre en place ce système de surveillance. Il cite du coup Nice, pionnier dans le domaine, et l’imprudence de son maire Christian Estrosi qui, après les attentats de 2015 à Paris, avait osé affirmer que « sa vidéo-surveillance » aurait évité le pire. Hélas, le 14 juillet 2016 devait lui apporter un démenti cinglant. Pour Mega City, les chiffres de l’enquête du chercheur son criants de vérité. Au mieux ce sont 1,5% des 55 000 infractions constatées par la police qui ont été élucidés. En revanche les chiffres font un bond, lorsqu’on utilise « big brother » comme outil de répression des automobilistes et deux roues.

Mucchielli parachève sa brillante et difficilement discutable démonstration, en abordant la question des investissements nécessaires pour tisser, au-dessus des 111 villages de Mega City, la toile des 1000 caméras prévues dans un plan initial. Ce seul investissement en matériel représente 16 millions d’Euros. Certes l’Etat et le conseil départemental ont apporté leur contribution pour plus de 50%, mais la ville, pour faire fonctionner cette machine à surveiller, doit aussi immobiliser du personnel. Ce poste d’observation est du coup budgétivore puisque la ville lui affecte 7 millions d’Euros l’an. Mucchielli se permet d’avancer que ces policiers municipaux, rivés aux écrans, seraient sans doute plus utiles en patrouille dans la rue.

On l’aura compris et, c’est la thèse développée par notre enquêteur, la vidéo-surveillance est – c’est le cas de le dire – très télégénique en terme de communication. Il est difficile de démontrer qu’elle participe efficacement à la lutte contre la délinquance quotidienne. Elle est sans doute plus utile à ses concepteurs et les entreprises qui la diffusent dont les profits son exponentiels. Le mérite du travail et du livre (« Vous êtes filmés » chez Armand Colin) de Laurent Mucchielli est d’apporter des éléments objectifs, pour contrer les « y a qu’à » du discours sécuritaire. On le sait depuis longtemps le sentiment d’insécurité est plus puissant que la réalité de l’insécurité. C’est à partir de ce constat qu’ont prospéré les marchands d’illusion.

En préambule de cette conférence, le président de « Marseille et Moi », Aldo Bianchi, a rappelé la nécessité pour l’association de peser dans le débat actuel sur la métropole. Pour ce faire, un appel a été conçu et nous comptons sur le soutien et les signatures du plus grand nombre.

 

Démocratisation scolaire consacrée à l’école – Les défis de l’égalité

La Fondation Gabriel Peri vient de publier une brochure du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire consacrée à l’école.
Elle est sous-titrée « Les défis de l’égalité » ce qui caractérise bien son contenu.
Elle peut être commandée auprès de la fondation Gabriel Peri pour la modique somme de 5 euros.
Alain BEITONE

Armenia City in the Sky

Armenia city in the Sky est un récit-mémoire, celui d’une immersion dans l’Arménie nouvellement indépendante après soixante ans de communisme , durant une rude période terrible de son histoire, en conclusion d’un siècle qui ne l’a jamais épargnée. Récit et regards sur différents aspects de notre reportage dans le Haut Karabakh qui est en train de se faire avec mes deux amis journalistes, et moi qui ne l’était pas.

Mémoire des miens, de mes arrières grands-parents d’Anatolie disparus dans les affres du génocide ; Mémoire de mon grand-père Stépan, de son évasion des marches de la mort dans les gorges de l’Euphrate, puis de son exil à Marseille où il épouse Anouch, ma grand-mère, pour construire ensemble une famille, à l’ombre des grands fourneaux de Péchiney à Gardanne. Stépan que l’on retrouve quelques années plus tard au sein de la résistance Française FTP MOI.

La mémoire des Arméniens français du MNA, avec le choc de l’attentat d’Orly ; mémoire historique et politique d’une génération d’Arméniens sous l’influence de l’ASALA dans les années quatre-vingts, contre le régime turc négationniste ; souvenirs de notre rencontre avec Monté Melkonian l’ex n° 2 de cette organisation, qui trouvera la mort au cours d’une opération, enterré à Erevan avec les honneurs de la république (plus de cent mille personne derrière son catafalque, son corps exposé sur l’affut d’un canon, une distinction réservée aux grands héros de la guerre); avec nous Mardiros Jamgotchian, ancien combattant de l’ASALA lui aussi, auteur d’un attentat en Suisse pour lequel il sera jugé et emprisonné ; les témoignages des gens dans le villes et le campagnes, ceux qui supportent la guerre, durant ces mois d’automne 1992.

Armenia city in the sky ( c’est un titre des Who, pour les connaisseurs)  est aussi un évocation plus personnelle, née de mon imagination, des rêves qui ont peuplé mon enfance chez mes grands-parents, tout au long de ma vie.

ROBERT SALAPIAN

 

Plaidoyers pour la Métropole

L’audition-débat consacrée à la Métropole, le mercredi 24 janvier 2018, a été très bien reçue par l’auditoire présent grâce à la qualité des intervenants qui ont su clarifier la situation actuelle et apporter des réponses aux nombreuses interrogations.

Dans le compte-rendu  ci-dessous vous lirez qu’ils ont pointé les faiblesses et les résistances qui s’opposent au bon fonctionnement de cette institution et fait des propositions pour un décollage et surtout une réelle efficacité.
Nous nous appuierons sur leurs analyses d’experts pour lancer un appel dans les prochains jours à la classe politique métropolitaine  afin qu’elle n’attende pas une réforme institutionnelle ( déclaration récente d’Emmanuel Macron) pour mettre en place un usage prioritaire de ce nouveau territoire.
Compte-rendu :

Quatre invités pour donner un nouvel élan à notre action en faveur de la Métropole, Jacques Boulesteix, André Donzel, Philippe Langevin et Jean Viard.

Aldo Bianchi  évoque un blocage alors même que la Métropole a été instituée en janvier 2016 et que la dynamique mondiale de métropolisation se poursuit. Pourquoi ? Comment remédier à ces difficultés ? Quel rôle pour la société civile ? Comment pouvons-nous agir ?

Philippe Langevin établit le diagnostic : le sens du projet métropolitain a été oublié. La solidarité ne s’est pas substituée à la concurrence entre les territoires. Le projet commun  a fait place à une juxtaposition de politiques intercommunales, fondée sur un budget redistribué en bonne partie aux conseils de territoire. De ce fait, des dossiers essentiels, comme l’environnement sont laissés de côté. Les deux grands dossiers abordés, mobilité et développement économique, sont bloqués faute d’un budget suffisant. Les infrastructures ferroviaires sont renvoyées à plus tard et au financement par l’Etat. En l’absence d’un budget de mutualisation et de partage, le schéma de développement à l’ancienne est reconduit alors que les territoires riches ne tirent plus vers le haut les territoires pauvres, que la création de valeur n’entraîne plus mécaniquement le développement de l’emploi et la baisse du chômage. Pour Philippe Langevin, la « Métropole des Maires »  conduit à une société de l’indifférence.

Jacques Boulesteix rappelle que l’enlisement actuel du projet métropolitain était prévisible et attendu depuis 2014 : la réduction du débat  au seul plan institutionnel  a formé un obstacle majeur au règlement des deux points essentiels en discussion, l’un concernant la démocratie locale, l’autre de dimension  globale, concernant la nature du processus de la métropolisation. Sur ces deux point, l’analyse doit être approfondie et conduire à des propositions d’appropriation citoyenne.

Il faut d’abord inscrire la dynamique économique de la métropolisation, la concentration des richesses dans les métropoles dans le cadre de l’économie mondialisée de marché. Cette dynamique crée richesses et emplois, qualifiés et non qualifiés, mais elle ne « fait pas société ». Elle marginalise les emplois intermédiaires qui animaient la vie urbaine. Les ouvriers sont mis à l’écart, les politiques de la ville échouent. C’est pourquoi la métropole doit d’abord « faire société ». Et pour ce faire, une Charte doit se substituer à l’actuel pacte de gouvernance pour remettre l’institution au service de l’intérêt métropolitain ; la société civile, les conseils de développement, la démocratie participative ont à définir les objectifs économiques, sociaux, environnementaux de la métropole.

Au plan local, la proposition de Jacques Boulesteix consiste à réorganiser l’espace démocratique institutionnel : réviser la démocratie de proximité, taille des communes, périmètre des intercommunalités, mise en place d’une participation active des citoyens (information, débat, co-construction, évaluation), institution d’une démocratie d’usage à côté de la démocratie de voisinage. Tandis que la démocratie de voisinage (dans une rue, un quartier, une commune) conduit à une cohabitation, une juxtaposition des intérêts particuliers, la démocratie d’usage , assise sur les multiples usages que le citoyen fait de la métropole quand il se rend à son travail, quand il a recours à ses services (hospitaliers, de transport…), quand il va au théâtre ou au stade,  inscrit le projet personnel dans un projet collectif à co-construire.

André Donzel souligne la dimension internationale, mondialisée, de la dynamique économique métropolitaine. Les emplois sont créés dans le seul secteur internationalisé. Cette dynamique produit des effets de polarisation économique,  de fragmentation sociale et d’inégalité territoriale. On peut observer par exemple une fracturation entre le sud-ouest de l’aire métropolitaine en phase de dépeuplement et le nord-est en pleine croissance.  L’institution de la métropole est nécessaire pour opérer une régulation de ces processus. En participant au Conseil de développement de la Métropole, André Donzel a pu remarquer qu’un véritable travail de réflexion y est mené mais que sa mise en œuvre se heurte à un problème de financement, lié à l’étendue même de l’aire métropolitaine, beaucoup plus vaste que les aires métropolitaines de Londres ou Paris et conduisant à une dépendance à l’égard des financements de l’Etat.

Pour Jean Viard enfin, la métropolisation, la concentration des richesses dans quelques deux cents métropoles dans le monde, est à rapporter aux transformations profondes et extrêmement rapides qui ont bouleversé le monde : mondialisation économique, révolution numérique…  Internet n’a pas assuré, comme on le prévoyait, un lien égal de tous à tous  mais a privilégié les métropoles au croisement du lien numérique, des pôles de transport (port, TGV…) et de la marche à pied. Cette révolution a fait exploser le monde ancien  en  distinguant les « in » et les « out », les métropoles et les autres territoires. Carte qui se superpose à celle ses votes Trump ou FN.  A l’intérieur même de l’espace métropolitain, un nouveau tissu urbain s’est mis en place : Marseille doit reconnaître qu’elle n’est pas le centre de cet espace.  Il faut donc briser les périmètres territoriaux hérités pour construire une vision fédérative de l’espace nouveau, et par exemple, constituer les Quartiers Nord de Marseille en commune.  D’autre part, le cadre de la Région devient essentiel pour organiser la mise en relation de tous avec la Métropole, sous la forme par exemple du financement  des déplacements vers la Métropole.

De très nombreuses interventions de la salle ont montré tout l’intérêt que les auditeurs avaient porté à une question dont chacun a compris que, au-delà de son caractère technique, elle portait une dimension politique essentielle. Il nous reste à nous mobiliser pour transformer cette Métropole, en demandant publiquement, c’est peut-être un premier pas décisif, la mise en place, en 2020, d’une élection métropolitaine spécifique, au suffrage universel direct, dans une circonscription électorale unique.  Il est en effet urgent de faire émerger un espace public métropolitain.

 

                                                                                                                François Maurice.

BABEL MED MUSIC 2018 N’AURA PAS LIEU !

Le 14ème Babel Med Music qui devait se tenir du 15 au 17 mars 2018 à Marseille n’aura pas lieu, suite à la réduction de 79% de la subvention de son partenaire principal : la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et de son Président Renaud MUSELIER.

Le retrait incompréhensible et inattendu de ce partenaire historique, trois mois seulement avant la tenue de l’événement, vient remettre en cause un événement qui aura rassemblé au fil de 13 éditions 180.000 spectateurs et surtout 26.000professionnels de la filière musicale.

Ce choix de l’exécutif régional occasionne une série de conséquences gravissimes pour la culture.

UNE PERTE ÉCONOMIQUE POUR LE TERRITOIRE

Outre la suppression des 204 emplois de l’organisation, ce retrait pose des questions sur la politique de soutien aux événements économiques et culturels de la Région. 

L’ÉCONOMIE DIRECTE

  • plus de 2.000 professionnels internationaux présents chaque année, directeurs artistiques, producteurs, tourneurs, agents, artistes, médias, sociétés civiles et institutions du monde entier…) avec un impact réel sur les festivals internationaux, nationaux et également de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur autoproclamée « Terre de festivals ».
  • 204 emplois dans d’innombrables corps de métiers pour un équivalent de 8 080 h de travail (production, commercialisation, administration, communication, régie, techniciens, restauration, bar, sécurité…).

CHOC SOCIAL IMMÉDIAT : 204 emplois directs supprimés.

L’ÉCONOMIE INDIRECTE

  • avec 4.000 nuitées d’hôtel, plus de 15 sociétés prestataires, des répercussions évidentes notamment pour les restaurateurs et les transports.

LE RAYONNEMENT INTERNATIONAL

  • dans le secteur professionnel avec la présence massive d’organisations des cinq continents : de Corée du Sud jusqu’en Australie, des Etats-Unis jusqu’en Afrique du Sud en passant par toute l’Europe.

SOLIDARITÉ

Nous avons d’ores et déjà reçu le soutien de nombreuses structures partenaires et professionnelles que nous avons dû prévenir et nous vous encourageons à diffuser et à faire circuler cette information.

Nous vous incitons à manifester votre solidarité, nous avons créé une adresse mail à cet effet :

babelmedsoutien@gmail.com

Culture et économie sont indissociables et depuis 2005.

QUELQUES CHIFFRES

2 000 professionnels internationaux, 150 stands, 20 conférences,5 prix décernés, show-cases régionaux, 2 matinées pour 600 lycéens, 7 spectacles Jeune Public à Babel Minots, 14 documentaires pour les Écrans de Babel, 15 000 spectateurs pour 30 concerts en 3 nuits,150 musiciens des 5 continents 27 heures de musique, 204 salariés.

 Bernard AUBERT Directeur artistique Fiesta des Suds – Babel Med Music

Prochain Débat « Les petits oubliés de Marseille », mercredi 21 février à 18h30 à La Boate

Notre prochain débat « Marseille et moi » aura lieu le mercredi 21 février 2018, à 18h30 à La Boate.

Diffusion du documentaire (24 mn) de France 3 Provence Alpes Côte d’Azur :

« Les petits oubliés de Marseille »

Un reportage de Jean-Manuel Bertrand, Pauline Guigou, Pascal Arnold et Sébastien Micaelli.

On dénombre à Marseille entre 800 et 1000 roms. Une communauté issue de Roumanie qui vit repliée et oubliée dans des squats et des bidonvilles au nord de la ville.
Les roms vivent au gré des expulsions ou des incendies qui ravagent leurs habitats et aggravent leur précarité.
Les associations tirent la sonnette d’alarme face à l’impuissance et à l’indifférence des pouvoirs publics. L’une d’entre elles, « L’école au présent », a même décidé de prendre en charge la scolarisation des enfants roms condamnés à l’errance.
Reportage aux côtés de ces bénévoles qui luttent à leur façon contre une situation d’urgence humanitaire.

 
Et débat en présence du journaliste Jean-Manuel Bertrand et Jane Bouvier de « l’Ecole au présent »

Marseillais, il est grand temps de se réveiller et d’agir !

Mon activité professionnelle durant de longues années mais aussi mon engagement militant m’ont permis de rentrer  en contact  avec  de nombreuses  personnes  habitant  dans  ce qu’on  appelle  aujourd’hui  les “quartiers  populaires“  largement  représentés  à  Marseille.  Parmi  ces  personnes  dont  certaines  sont devenues  et restent mes amis, nombreuses  sont celles qui font partie de ce qu’il convient  d’appeler  la deuxième   génération   voire  la  troisième.   Jusqu’à  une  période  récente  (2001  ?  2012  ?)  le  pari  de “l’intégration  à la française“, avait semble -t-il, plutôt bien fonctionné en permettant à cette génération l’accès à la citoyenneté et aux droits qui y sont attachés. On notera cependant que, malgré les engagements pris, le droit de vote aux élections locales n’a jamais pu être acquit sinon pour eux mais surtout pour leurs parents.

Si la majorité de ces “anciens immigrants ou enfants d’immigrants“ demeurent marqués par leurs origines sociales souvent modestes et, pour la plupart d’entre eux, par leur patronyme, Ils ont fait le choix d’être français à part entière et d’en revendiquer le statut. Malgré les critiques récurrentes et souvent injustifiées adressées au système éducatif français, un nombre significatif d’entre eux a pu accéder à l’enseignement supérieur et faire ainsi partie, en surmontant  de nombreux obstacles, de la classe moyenne qui a réussi socialement et économiquement.

Avec beaucoup  d’autres  acteurs  de terrain,  j’ai longtemps  participé  et parfois  cru à cette “intégration réussie“ pour une partie au moins de cette “deuxième génération“. Mais, dès les années 80, j’ai pu mesurer que seule une “élite“  avait eu la chance  de “s’en sortir par le haut“. Pour le plus grand nombre  et en particulier les plus jeunes (la troisième génération) le triple mécanisme de ségrégation sociale, urbaine et ethnique   était  et  est  encore   un  obstacle   quasi  insurmontable.   Les  multiples   expérimentations   et programmes de formation et d’accès à l’emploi développés notamment par la “politique de la ville“ n’ont été et ne sont encore que des succédanés. Les enquêtes les plus récentes montrent que les chances d’accès à un emploi sont entre trois et quatre fois inférieure à la moyenne pour un jeune issue de ces quartiers populaires.  Ce constat dramatique  est, pour moi, la raison essentielle de l’échec largement reconnu des politiques publiques qui depuis plus de quarante ans tentent en vain de réduire la fracture sociale dans les principales agglomérations.

“Intégration à la française“ : Cette expression est aujourd’hui régulièrement mise à mal non seulement par une partie de ceux qui en ont bénéficié  mais aussi par ceux qui, comme moi, ont cru à son succès. De profonds bouleversements  à travers le monde remettent en cause depuis quelques années beaucoup de mes (nos ?) certitudes. Je me contenterais de ne citer que les facteurs qui concernent le plus directement le contexte marseillais.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire et de l’écrire à diverses reprises, la ségrégation sociale, urbaine et ethnique est une réalité incontestable dans cette ville confirmée par les enquêtes les plus récentes. Cette ségrégation,  appelée  parfois  de  manière  plus  acceptable  “discrimination“   ou  encore  “exclusion“,  se conjugue  avec le constat  de l’impasse  dans laquelle  sont astreints  ceux que l’on pensait  “intégrés“.  Le remarquable ouvrage de César Mattina, (clientélisme urbain) démontre ce mécanisme politique de mise à l’écart  d’une  partie  de la population  marseillaise.  Il convient  de le mettre  en parallèle  avec  l’enquête intitulée  “Les Musulmans  de Marseille“  publiée  en 2013 par la Fondation  OPEN SOCIETY.   Ces travaux réalisés par des chercheurs reconnus mettent en lumière de manière incontestable les multiples facteurs de discrimination  dont sont l’objet à Marseille les personnes désignés aujourd’hui comme “Musulmans“. Ces  deux  ouvrages,  comme  quelques  autres,  auraient  pu  servir  de  signal  d’alerte  auprès  des  élus  et responsables  locaux. Ils ont hélas trop vite été mis de côté sous de mauvais prétextes.   Cependant ils ne font  que  refléter  une  évolution  urbaine  qui  contribue  à  accroître  la  fracture  déjà  ancienne  de  la communauté marseillaise. Cet état des lieux de la ségrégation est ressenti de manière douloureuse par tous ceux qui avaient cru possible de devenir des citoyens marseillais et en avaient accepté les contraintes.  C’est  dans  un  tel  contexte  que  les  attentats  perpétrés  en  France  et  partout  dans  monde  par  des mouvements  terroristes  se  revendiquant  d’un  Islam  radical  ont  profondément  déstabilisés  une  partie  de

ces marseillais de fraîche date avec d’autres en France. En quelques jours après le meurtre des journalistes de Charlie Hebdo, ils ont été étiquetés trop souvent malgré eux comme musulmans et contraints de prendre parti en dénonçant les auteurs de ces crimes et avec eux se distancer d’une religion sinon des traditions culturelles de leurs familles d’origine. Dans l’émotion collective et la ferveur de manifestations  diverses, nous n’avons  pas su entendre  ceux qui, citoyens  français  les plus proches  de nous, manifestaient  leur réserve devant un cet apparent unanimisme.

Depuis  lors,  malgré  quelques  courageuses  prise  de  position,  la  multiplicité  des  attentats  et  la  peur généralisée qu’ils entraînent ne fait que rendre plus incertain le nécessaire dialogue avec ces hommes et ces femmes, jeunes et adultes, qui cherchant à comprendre ce qui leur arrive ne trouvent qu’hostilité et amalgames douteux.

Certains d’entre eux se réfugient dans le silence ou parfois même dans une pratique religieuse retrouvée et modernisé  grâce aux discours d’un islamologue  comme Tariq RAMADAN  (la réputation  de ce dernier semble aujourd’hui bien compromise !) D’autres sont directement sensibles à des écrits et des mouvements plus radicaux développés par des intellectuels reconnus qui mobilisent autour d’eux les jeunes et les plus révoltés d’entre eux. Certes, ces mouvements ne rassemblent aujourd’hui qu’une petite minorité agissante et majoritairement  parisienne. Si la lecture de leurs appels et leurs discours souvent radicaux n’ont qu’un écho encore limité, ils sont concrètement  le reflet de l’impasse idéologique  citée plus haut. Le parti des Indigènes de la République, le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) ou encore le collectif contre l’islamophobie  en France, chacun à leur manière ces mouvements dénoncent une société qui tétanisée  par les succès électoraux  d’une idéologie d’extrême-droite,  multiplie les législations  et les mesures qui, de fait renvoient à la période coloniale.

Depuis de longues années les gouvernements  successifs, au-delà de discours parfois généreux, ont ainsi multiplié les législations  de plus en plus répressives  vis-à-vis de nouveaux  arrivants. Quant aux mesures concrètes à même de réduire les fractures sociales elles sont restées pour la plupart au stade des intentions. Dans une ville comme Marseille le choix politique de privilégier des groupes sociaux dominants tant sur la plan social, ethnique ou religieux est directement assumé par le maire et ceux qui le soutiennent.

300 000 musulmans à Marseille ? 70 mosquées officiellement reconnues ? mais aussi : « Marseille la ville la plus inégalitaire de France ; parmi les cent quartiers les plus pauvres de France 25 sont à Marseille : Parc Kallisté,  Saint  Mauront  …  Taux  de  pauvreté  :43,6  %  dans  le  15°  arrondissement   ;    52%  dans  le  3° arrondissement  etc…. » (in la Provence du 28/10/2017)

Inutile d’aller chercher plus loin les raisons des révoltes qui se manifestent à travers les multiples combines en tout genre permettant  d’accéder à la société de consommation  sinon d‘opulence  au risque des pires dérives. Une partie de ces révoltes ont, pour un moment, trouvé un début de réponse dans la démarche des insoumis. Mais Jean-Luc Mélenchon et son équipe sont-ils conscients de leurs responsabilités  et des espoirs dont ils sont porteurs ?  On est en droit d’en douter.

 Alors que faire ?  

J’ai la conviction  que  malgré  la gravité  de l’heure  le pire  n’est  pas toujours  certains.  A Marseille  des hommes,  des femmes,  des jeunes  gardent  encore  l’espoir  de construire  une ville plus solidaire  et plus fraternelle mais il est grand temps que chacun à sa manière trouve les moyens d’écouter ceux qui, à ce jour, sont exclus d’une parole publique leur permettant  d’exprimer  leurs désarrois et leurs espoirs.   Par tous moyens il faut multiplier les occasions de rencontres et de dialogues et parfois de confrontation  dans le respect de chacun.

Marseille, le 14/11/2017

Alain FOUREST

Prochaine Audition-Débat « Plaidoyers pour la Métropole » mercredi 24 janvier 2018 à La Boate

L’association « Marseille et Moi » a le plaisir de vous inviter à sa prochaine audition – débat  sur le thème :

                                             « Plaidoyers pour la Métropole »   

Le 1er janvier 2016 la Métropole Aix-Marseille-Provence a été installée avec ses 240 conseillers métropolitains, son président Jean-Claude Gaudin ainsi que ses 20 vice-présidents élus le 17 mars 2016.
Notre Métropole,  la 2ème de France avec ses 1,8 millions d’habitants, la plus grande avec ses 3143 km2, la plus ensoleillée mais aussi la plus polluée, est tournée naturellement  vers la Méditerranée .

Voulue et encouragée par la société civile, elle subit la réticence pour ne pas dire l’obstruction de la plupart des 92 communes qui la composent avec une fort rejet de la prééminence marseillaise.
Le premier budget primitif métropolitain  a été adopté sur un score étriqué et avec de très vives critiques.
Quelles initiatives faut -il prendre pour permettre un vrai décollage de cette institution indispensable pour le développement de notre territoire, son rayonnement européen et une meilleure qualité de vie pour ses habitants ?

Pour cela nous avons invités ( et même ré-invités) les 4 meilleurs spécialistes du sujet qui vont nous aider à matérialiser notre mobilisation.

Jean Viard, sociologue , auteur du dernier ouvrage « Quand la Méditerranée nous submerge »

Jacques Boulesteix , astrophysicien, qui fut conseiller municipal et président du conseil de développement de la communauté urbaine Marseille- et auteur d’un récent livre : « Entre peur et raison, La Métropole Aix-Marseille-Provence »

Philippe Langevin , maître de conférences à la Faculté de sciences économiques , dont nous joignons en pj sa présentation de la Métropole

André Donzel sociologue et auteur du livre « Le nouvel esprit de Marseille »

Entrée libre – Nous vous attendons nombreux à la Boate, 35 rue de la Paix Marcel Paul, 13001 Marseille (escaliers à l’angle du Cours d’Estienne d’Orves et de la rue Sainte).

Un apéritif convivial vous sera offert à la fin de notre rencontre.  

                                                 Aldo Bianchi – Michel Tagawa

Parce que Marseille est vivante, l’edito d’Aldo Bianchi, président de «  Marseille et moi »

 

 

Nous aimons Marseille et nous militons pour la Métropole.

C’est notre socle, notre ADN.

Il y a 3 ans nous donnions à « Marseille et moi » un nouveau visage et surtout d’autres objectifs.

Il ne sagissait pas de renier une origine (1) , une histoire certes partisane mais nécessaire à un moment donné de la vie de notre ville. Il nous fallait écrire une nouvelle page et rassembler celles et ceux qui croient à l ‘action citoyenne .

Notre champ d’action et de réflexion reste la Politique, donc la vie de la Cité.

Nous aimons Marseille et nous militons aussi pour la Métropole. A étudier les uns après les autres tous les domaines liés à la vie des Marseillais et des métropolitains, nous ne pouvons que regretter la faiblesse de la gouvernance marseillaise autant que le manque de vision de beaucoup de ses dirigeants.

Un vent nouveau a cependant soufflé au printemps, écartant des caciques qui nous représentaient au national, sans pour autant ébranler les instances locales. Le coup est passé près, mais elles restent solidement accrochées, assises sur leurs certitudes immobiles, à leurs rentes de situation.

Notre ville, dont le leadership est contesté par une large majorité des communes voisines, souffre de la comparaison avec les grandes villes européennes. Elle est très inégalitaire avec des zones de pauvreté intolérables. Elle est polluée à l’extrême par la thrombose automobile et désormais le scandale sanitaire des émissions des navires de croisière.  Elle est montrée du doigt, avec le sort qu’elle réserve aux écoles publiques dont elle a la charge. Marseille, derrière la vitrine trompeuse du front de mer, camoufle ses ruines et sa déshérence.

Nous pensons à « Marseille et moi », qu’il est urgent d’entamer une vraie transition environnementale ; par une production d’énergie propre et écologique, avec des moyens de transport en commun hyper développés et non polluants, à travers le développement de pistes cyclables, grâce à un traitement des déchets efficace, en encourageant aussi l’agriculture citadine.

Paradoxalement, Marseille, qui compte parmi ses universitaires des chercheurs de renommée internationale, ne s’est pas engagée dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens. Comme Marseille, riche de ses « migrances », ne s’est pas illustrée dans l’accueil des réfugiés en perdition en Méditerranée, et tout particulièrement ces mineurs livrés sans défense à tous les prédateurs. Marseille enfin, comme en atteste la polémique sur le site de la Corderie, n’a pas manifesté, à travers ses édiles, grand intérêt, pour cette antiquité qui l’a fondée.

En réaction à cette vacance prolongée des pouvoirs locaux, « Marseille et moi » veut faire claquer au vent ce slogan qui fait lever les foules au vélodrome : « fier d’être Marseillais ».

Les visiteurs étrangers nous disent que la ville change. Tant mieux, mais nous voulons aller plus loin que le recto d’une carte postale. Des événements comme « Marseille capitale la Culture » ont soulevé une belle espérance, vérifié surtout qu’il y avait une attente populaire d’évènements culturels et aucune suite n’y fut donnée. Il faut aller plus loin que l’image et la communication qui la porte. Eviter des contresens, comme « Marseille capitale du sport » où les budgets se sont noyés en communication, quand piscines et gymnases n’arrivent pas à surnager.

Depuis trois ans, à travers 17 auditions-débats (2), des experts, des citoyens passionnés,des associations engagées,  de belles convictions, viennent débattre avec nous et martèlent qu’une autre politique est possible, qu’une autre gouvernance est souhaitable, que demain n’est pas condamné à déchanter.

Il y va, disent-ils avec nous, d’un environnement reconquis, de procédures démocratiques restaurées, d’un humanisme actif, d’une efficacité partagée parce que comprise.

« Marseille et moi » c’est aussi Marseille et nous. Qui voulons que Marseille soit vivante de ses richesses, de ses différences, de ses singularités. Notre vocation est d’en débattre et de le partager avec cet outil d’information que nous inaugurons aujourd’hui. Une agora virtuelle que vous nourrirez de vos réflexions, pour agir concrètement.

1 : « Marseille et moi » est née en 2013 de la volonté d’une candidate aux primaires pour les élections municipales, Marie-Arlette Carlotti , de demander à la société civile de bâtir un programme électoral pour Marseille.

2 : Tous les comptes rendus seront archivés sur notre site